Appel à la vigilance, pour éviter un vote favorable au projet de budget 2017-18 au sénat en Haïti

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Le Mouvement démocratique populaire (Modep) appelle la population, notamment les classes populaires, les organisations conséquentes et les travailleurs haïtiens, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, à la vigilance, pour empêcher un vote favorable, en faveur du projet de loi de finances 2017-2018, au sénat de la république.

« Le projet de budget 2017-2018, élaboré au détriment de la classe populaire et des travailleurs haïtiens de la diaspora, est criminel, », fustige le Modep, dans une prise de position, transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Ce projet de budget 2017 – 2018 prévoit d’augmenter les taxes, impôts ainsi que les prix des services des contribuables, alors que la bourgeoisie continue de bénéficier des avantages prestigieux. Certaines grandes entreprises pourraient ne pas payer des taxes et impôts selon le code d’investissement pris en faveur de la bourgeoisie, déplore le Modep.

Le prix du livret de passeport devrait passer de 1,600.00 à 6,000.00 gourdes. La matricule fiscale, qui était à 250.00 gourdes, devrait passer à 1,000.00 gourdes, selon les dispositions du projet de loi de finances 2017-2018, souligne le Modep, à titre d’exemples.

Ce projet de loi de finances 2017 – 2018 envisage une augmentation exorbitante sur les prix d’affermage et de loyer des terres, alors que les potentats du pouvoir en place et la bourgeoisie continuent de déposséder les paysannes et paysans de leurs terres, critique le Modep.

Une taxe forfaitaire de 10 mille gourdes est également prévue pour toutes citoyennes et tous citoyens (Haïtiens et étrangers), désirant effectuer une transaction en Haïti.

Les taxes, que voudrait imposer le gouvernement de Jack Guy Lafontant, ne seront pas collectées dans une logique pour donner des services à la population, mais plutôt pour agrandir les carnets de banques des personnes faisant partie des pouvoirs exécutif et législatif, dénonce le Mouvement démocratique populaire.

17% du budget, soit 25,32 milliards de gourdes, seront alloués à la rubrique « autres interventions » (caisse occulte), alors que 5% – soit 7,2 milliards de gourdes attribués au parlement – représentent une augmentation de 74%, par rapport au budget de l’exercice fiscal 2016 – 2017 du parlement.

En dépit des propagandes, faites par le président Jovenel Moïse, autour de l’agriculture, à travers le programme dit caravane du changement, seulement 6.9% (10 milliards de gourdes) sont alloués à l’agriculture.

Alors que Moïse avait décrété l’État d’urgence en faveur de l’environnement, seulement 0.5% (757 millions gourdes) du budget est attribué au Ministère de l’environnement.

Le pouvoir judiciaire a une part de 0.8% (1,2 milliards gourdes) dans le projet de budget 2017-2018.

Le Modep dit plaider en faveur de l’augmentation du budget de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, des logements et de l’environnement, pour éviter d’enregistrer des pertes en vie humaines, lors des catastrophes naturelles.

Il exhorte le sénat à ne pas voter en faveur de ce projet de budget 2017-2018, déjà approuvé par la chambre des députés.

Le projet de budget 2017-2018 a été déposé, le jeudi 17 août 2017, au sénat de la république, après un vote favorable à la chambre des députés, dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 août 2017.

Plusieurs autres organisations, notamment la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh) ont également appelé la population à la vigilance contre une éventuelle mise en œuvre de la loi de finances 2017-2018, en faveur du pouvoir en place et de la bourgeoisie, au détriment des intérêts de la population.

Pour sa part, l’organisation Konbit ayisyen pou lojman altènatif (Kayla) met en garde contre l’application, en perspective, d’une taxe de 6 à 10% sur les propriétés bâties, lors d’une conférence de presse, le mardi 29 août 2017.

Alter Presse, Haiti & USA

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