Cérémonie officielle de cessation des activités de la Minustah, après 13 ans de présence en Haïti

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Après plus de 13 ans de présence de cette force onusienne dans le pays (juin 2004-octobre 2017), une cérémonie officielle de cessation des activités de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) a eu lieu à Port-au-Prince, le jeudi 5 octobre 2017, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Organisée, à moins de 10 jours de la fin des opérations de la Minustah, le dimanche 15 octobre 2017, cette cérémonie officielle symbolique marque le départ de cette force onusienne en Haïti.

Ont assisté à cette cérémonie officielle le président Jovenel Moïse et plusieurs officiels du gouvernement, du haut commandement de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et de celui de la Minustah.

A l’occasion, des parades militaires, des salutations d’adieux et la descente symbolique du drapeau de la force onusienne, remis à la cheffe de la mission, la trinitéenne Sandra Honoré.

« Malgré la persistance de quelques foyers politiques et sociaux, les actrices et acteurs politiques haïtiens sont conscients de leur impérieux devoir civique et patriotique de créer un climat de stabilité politique et sociale dans leur pays », affirme Jovenel Moïse.

Il interpelle les femmes et les hommes du pays à puiser, dans leur réserve de « patriotisme » et de « civisme », des leçons de l’histoire pour favoriser le « vivre-ensemble » et le konbit nasyonal (entraide nationale), en vue du renforcement de la démocratie et de la consolidation de la paix sociale en Haïti.

« Il n’y a pas de sacrifice trop grand pour la stabilité politique en Haïti », soutient Jovenel Moïse, qui dit s’engager à consacrer toute son énergie à la stabilisation d’Haïti, cette « nécessaire et noble tâche ».

Il appelle à la poursuite de l’accompagnement de la coopération internationale, à la république d’Haïti, directement à travers ses institutions républicaines, afin d’éliminer le choléra -introduit en Haïti, en cotobre 2010, à partir d’une base de casques bleus du Népal, à Mirebalais / Plateau central), et d’atteindre, à l’horizon 2030, les objectifs du développement durable en Haïti.

Encore beaucoup de défis à relever

Il reste encore beaucoup à faire pour qu’Haïti atteigne la stabilité et le développement durable, auxquels aspirent chaque Haïtienne et chaque Haïtien, estime, pour sa part, Sandra Honoré, dressant un bilan « plutôt positif » de la Minustah, à 10 jours de la fin des opérations de cette mission en Haïti et de sa transition vers un soutien à la justice en Haïti.

Les Nations unies ont soutenu le processus, ayant conduit à l’adoption, en 2007, de trois lois, qui, aujourd’hui (en 2017), ont un rôle fondamental dans l’administration de la justice et la régularisation du système judiciaire. La Police nationale d’Haïti (Pnh), qui comprend, en 2017, un effectif de 14 mille femmes et hommes (depuis sa création en 1995), a enregistré des améliorations considérables, en ce qui concerne sa taille, sa gestion administrative et opérationnelle, ainsi que sa professionnalisation graduelle, fait valoir Honoré.

D’ici le mois de décembre 2017, la Pnh devrait compter un effectif de 15 mille agents de police, dont 9.5 % de femmes (1,425 femmes).

Elle espère que la mise en œuvre du plan stratégique institutionnel 2017-2021 demeurera une priorité des responsables haïtiens, notamment l’objectif de porter l’effectif de la Pnh à 18 mille policières et policiers, d’ici l’année 2021.

Établie le 30 avril 2004, par la résolution 1542 du Conseil de sécurité des Nations unies, la Minustah avait pour mission de créer un environnement « sûr » et « stable » en Haiti.

Elle a succédé à une force multinationale intérimaire, autorisée en février 2004 par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), à la chute de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide.

Des soldats népalais de la force onusienne ont été responsables de l’introduction, en octobre 2010, du « vibrio cholerae » en Haïti, où l’épidémie a déjà fait plus de 10 mille morts.

Malgré une reconnaissance de l’Organisation des Nations unies de sa responsabilité dans l’introduction de l’épidémie du choléra en Haïti, une demande d’indemnisation des victimes du choléra demeure lettre morte, jusqu’à octobre 2017 (sept ans plus tard), en dépit (également) de plusieurs manifestations, organisées dans plusieurs endroits en Haïti et à l’étranger en vue de l’exiger.

La mission onusienne a été également responsable de violations de droits humains, dont des viols sur des enfants et des jeunes filles.

Des organisations de droits humains et sociales, entre autres, n’ont pas cessé de réclamer son retrait, depuis son installation.

Entrée en fonction de la Minujusth le 16 octobre 2017

Le Conseil de sécurité de l’Onu,dans une résolution adoptée en avril 2017, a prévu de mettre fin au mandat de la Minustah, le 15 octobre 2017, et d’établir la Minujusth, une mission plus réduite, dont les opérations commencent le 16 octobre 2017.

Le mandat de la Minujusth consiste à continuer l’appui à la Pnh, à renforcer l’état de droit et à poursuivre des interventions institutionnelles en matière de droits humains, y compris les questions de genre.

La Minujusth aura une composante civile ainsi qu’une composante de police, constituée de 7 unités, soit 980 policières et policiers qui seront déployés dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite, de la Grande Anse et des Nippes (Sud-Ouest d’Haïti), et du Nord.

295 policières et policiers individuels seront déployés dans les 10 départements géographiques du pays, en appui à la Pnh, pour un renforcement des capacités des officiers et cadres supérieurs de l’institution policière.

Pour sa part, la composante civile de la Minujusth sera constituée de 351 membres civils de personnel, répartis, à part égale, entre nationaux et internationaux basés à Port-au-Prince.

[Alter Presse, Haiti & USA]

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