Changer la musique !

Réflexion à la fenêtre. 26 Septembre 2017 par Michelle Mevs

Réflexion à la fenêtre. 26 Septembre 2017 par Michelle Mevs

Reflexion Sur la réaction du publique et de la société en général aux spectacles et énoncés scatologiques, misogyne et avilissants, de Michel Martelly,  ex. président et musicien de son état dans la conjoncture  actuelle. Sur sa projection politique.

« C’est pur snobisme ou hypocrisie de nier pour nous le pouvoir de divertissement et d’amusement des choses…» Hannah Arendt

La musique comme  instrument de propagande politique. Martelly coure-t-il déjà après l´électorat 2022?

Si Michel Joseph Martelly,  56 ans, ancien-président d’Haïti se remet à la musique “compas” en talentueux  “super-star” qu’il est et  a toujours été, c’est qu’il n’y a pas de glorification Martelliste sans triomphant spectacle musical.  Talentueux chanteur à  voix de centaure, charmeur  au  physique attrayant , esprit volontairement taquin mais  caractère  arrogant, vaniteux souvent  outrecuidant, Martelly  ne laisse jamais  indifférent. S´il  séduit  des fanatiques en grand nombre,  il se plait par ailleurs  à  provoquer la polémique sur un ton particulier ce qui lui occasionne le mépris allant jusqu’au dégoût de ceux qui selon-lui n’en valent pas la peine.  Il n’en a cure (I don’t care).

En même temps, son échec politique notoire interpelle encore.  Près de 3 milliards de dollars américain d’aide après-séisme 2010 en provenance du Venezuela volatilisés entre autres fonds d’assistance.  Gaspillage des fonds publics “dilapidés”  mais également actes glauques  de corruption planifiée par la clique Martelly?  Mauvaise gestion ou malversation, rien n’est clairement démontré à date.  Actuellement, son statut  de “nouveau riche” propriétaire récent d’immeubles au centre-ville  et de villa  luxueuse à la plage dont la valeur fait scandale, lève  la suspicion quoiqu’il prétende à des financements bancaires personnels ou insinue que seule sa musique l’a enrichi…

La Conjoncture locale, le contexte régional:

Les caisses publiques sont asséchées, les aides américaines en période Donald Trump réduits.  Une certaine invisibilité du Corps Group, les amis d’Haïti, dans la presse laissent supposer un actuel désintérêt pour le gouvernement actuel. Les efforts désespérés du président Jovenel Moïse, dauphin de Martelly, d’imposer une  fiscalité accrue au budget 2016-2017 résultants en instabilité  politique croissante, expliquent la situation. La population l´une des plus pauvres du monde est   inquiète et sans espoir de solution alors que des possibilités d’amélioration lui souriaient tantôt.  Les Nations Unies  de même que les autres membres du «Core Group» dont  les Ambassadeurs des États-Unis d’Amérique, de l’Union Européenne et le Représentant spécial de l’Organisation des États Américains, du Brésil, du Canada, de la France, de l’Espagne, s’expriment peu sur la conjoncture actuelle.

La musique est un divertissement jouissif et pas seulement. La musique est force, elle est cris: elle sert souvent d´instrument de contestation, ici, d’instrument de propagande politique:

Au  Venezuela, le tube de l’été 2017,  “Despacito” de Luis Fonsi et Daddy Yankee fut détourné à la fois par le pouvoir de Maduro et   l’opposition,   fusionnant  l’espace divertissement et  propagande politique;  en Haïti,  le surgissement du  “Kompa kk” à la sauce Martelly exploite lui-aussi  le binôme musique-politique. Il ne s’agit pas d’émettre  de simple « jingles» comme le font les partis politiques par exemple, mais de donner force à la politique à partir de succès musicaux.

Martelly  cherche à  animer  les foules; qui  éberlués, adhérent au mouvement PHTK et  lui assureront le scrutin maximum sans a priori.  Forcer le choix politique ou l´exulter à l’adhésion par une instrumentalisation de la musique, c’est définir  la  “Pop-propagande”  ou  “Kompa propagande”. Martelly veut reprendre la main en musique: Récupérer et promouvoir sa popularité en quête de retour.  “Nous ale, nou tounen, et nap retounnen konsa”,  chante actuellement  Martelly  en tournée. (Vidéo Youtube).

Martelly en rajoute et beaucoup:

La performance scénique style Martelly attise le public.  D’entrée il fait une déclaration  ou  l’outrecuidance d’un verbiage scatologique accompagne les insultes misogynes, homophobes, avilissants. Gros rires dans la salle! Cela fait l’affaire,  surtout s’ils sont  dirigés  à l’encontre de personnages bien établis dans la communication locale. Peu importe qu’ils soient honorables…Faire dans la provocation et susciter la polémique c’est tout ce qui compte,  c’est l’objectif primordial!  Le musicien Soulève les  bas-instincts d’une population lasse des promesses non tenues, désemparée de cette démocratie décevante,   et fragilisée par la maladie et les  catastrophes climatiques. Sa gesture  scénique, suggestive et souvent pornographique, concrétise le “Bad boy” attitude, un modèle attrayant pour la jeunesse haïtienne  et tout contestataire.  Ses « sorties » dans la presse, sa musique carnavalesque ou pré-électorale ont déjà produit un effet  délirant  surfant la  vague  provocation,  rébellion anti-système, dans l´hallucination sonore, la transe rythmique.  Martelly veut recommencer.

Michel Martelly en campagne:

Sa récente tournée  sur le territoire  a fait le  buzz dans ses régions provinciales du pays en mal de divertissement:

A Gelée  dans le Sud d’Haïti, À Jérémie; à Saint-Louis du Nord,  son “sak pa kontan anbake”, (au cas où cela ne vous convient pas, allez-vous faire voir), ce fameux slogan de défiance au système  est repris partout où il performe. (Sur video youtube du mois d’Août 2017).

Dans le Nord-Ouest d’Haïti, le  27 Août 2017, on le voit  à la  fête patronale en compagnie du  Sénateur PHTK, Kedler Augustin,   et Michel Martelly d´articuler: “ an bwè gwòg nou,  an pale “kaka” nou…kenbe a jwe a…”  Buvons, parlons de nos histoires “caca”…Soyons solidaire du joueur, »  se référant à Jovenel.   Puis, Il entame le morceau:  “Mache mache mache”, et recomposant  une  lyrique déjà connue:  “…Nou alé nou tounen et nap retounen konsa”.  Nous nous en sommes allés, nous sommes revenus et nous allons être de retour”. Faisant nette référence à son retour au scrutin électoral de 2022.

L´ex. président Martelly  en tandem avec l’actuel président Jovenel Moïse: 

Tandis que monte le volume d ´agressivité  musicale dans  la vulgarité -paroles et gestes-:  Martelly, en bon “chef d’orchestre”, engage son collègue, l´actuel président de la République Jovenel dans une entreprise préélectorale . Le balisage du territoire provincial et le contrôle officieux du parlement en sont des exemples.

—Et le président de s’engager tête baissé  sur les routes de province  en tournée mode caravane parcourant du nord au sud du pays, pour aller à la rencontre des masses faisant miroiter quelques futures réalisations bénéfiques mais sans planification et  sans échéances. A noter que l’état d’urgence nationale décrétée par simple arrêté   par  Jovenel Moïse sous prétexte du cyclone Mathew, n´exigeant pas de reddition de comptes quant à  l’utilisation des fonds prélevés directement des caisses de l’état haïtien pour la caravane,  semble faire partie de la norme passe-droit du gouvernement Martelly dont Jovenel est la continuité.  D’autant plus que c’est le même personnel (proches de Martelly) qui occupe l’administration publique de leur “banditisme-légal”. On parle d´administration de doublure et même de gouvernement de doublure ou Martelly  jouerait encore le chef-d´ orchestre.

L’administration Jovenel Moïse sous influence Martelly, illustration: 

Les manquement aux respect strict de la constitution de 87 amendée, des lois; les arrêtés primant sur les lois, la lois des Finances rédigée à la mesure  de la politique présidentielle,  les institutions publiques dont  l´ULCC, l´UCREF  mis sous contrôle de l’exécutif  tandis que   le CSCCA  est mise en veilleuse informelle,  le CEP actuellement  en processus d’infiltration:  Ce  sont autant de passe-droits de l´exécutif.… Et même le statut des juges de la cour de cassation dont la nomination  comme l´âge de son président ne suivent pas les prescrits de la constitution.

—La mise sous control officieux des parlementaires dont la chambre des députés en majorité PHTK.  Les tenir sous vigilance pour éviter des transfuge de camps, leur accordant des attentions spéciales et frais imprévus comme les 10M de  gourdes dispensés juste avant le vote du budget. «  Incentives? »  frais accordé par l´exécutif pour les localités mais dispensés hors budget? De plus, Le silence du parlement -conforme en tout point avec les décisions de l’exécutif- ne prouve-t-il pas une collusion des pouvoirs?

De bien utiles  adversaires ciblés par  Michel Martelly:   

Il articule sa provocation en pointant à chaque fois certains personnages de son choix qu’il juge critiques de son régime, il en veut  particulièrement à la presse.  Liliane Pierre-Paul: Journaliste radio-TV.  ( Tilili); Jean Monard (Ti Mona): Journaliste  radio-TV dont l’émission constitue la critique principale contre tout excès du régime PHTK.; mais également Steven Benoit: un ex-parlementaire brillant et un ami de longue date de Martelly.

Les injures  qu’il fait subir récemment à ces personnages sont significatives de sa fixation: A titre d’exemple il tire à boulet vif sur Les dégâts que Tilili fait à l’environnement: Il dit que son coco contient du caca qui doit être rejeté à la mer. Il recommande de couler du béton au-bas et de l’asphalte au-dessus.  Puis, Il s’égare et  répond à un participant sur la  largeur de son anus aux poils durs pour recevoir un zozo de bonne taille. Wap chache gason gras…Tu te cherches un mec?  C’est alors qu´il suggère de lui dépêcher un jeune homme Steven Benoit  comme digne d’être enculé. Sak pa kontan anbake!

Si son répertoire est audacieux et provocateur, Il l’a toujours été mais  à un moindre niveau quand même: Il chantait  depuis ses débuts le “Sak pa kontan anbake” suivi de “oulala”. Son sarcasme plaisait tellement alors..Évidemment ce sont ses excès et sa hargne qui troublent  son public le rendant indigeste.  Il en a après Liliane Pierre-Paul qui aurait osé s’en prendre au  fils Martelly lors de ses émissions et il en a après les autres parce qu’ils osent penser autrement que lui.  Quand la tension s’accroît il croit bon dégainer  sur scène: “ Tilili machan coco Ko lan get maman w”. Vole mari moun…Ti Mona… etc…

Si son franc-parler sur la situation politique le rendait fiable et sympathique autrefois, il n’aborde plus le sujet  et  préfère la polémique et  les attaques virulentes et  personnelles.

Et pourtant Martelly  prend soin de ne pas se mettre à dos le sénateur de l’Ouest Antonio Cheramy dit Don Kato. Serait-ce parce que Kato est un frère d’arme, un musicien (sexy Pintad) très populaire? Lui dont  la popularité est en flèche depuis qu’il est monté au créneau au sénat  haïtien créant tout un tapage  dans  l’hémicycle, se saisissant du document budget papier et le déchirent en mille morceau pour montrer son désaccord avec  le vote du budget. Il a fait le buzz,  obtenu l’adhésion d’un très large public le félicitant pour sa courageuse prise de position en faveur de la population arc-bouté contre le budget.   Kato  devenu  héros national fera-t-il de l’ombre au candidat?   Si cela devait arriver recevra-il lui aussi au visage le vomi de Martelly?

Réactions à la performance outrancière de Michelle Martelly:

La responsabilité individuelle et collective de la société haïtienne s’en trouve interpellée;

L’individu s’en trouve offusqué tandis que la société locale et la diaspora s’en trouvent révulsés.

Et pourtant les  réactions individuelles contre Martelly sont restreintes:

Parce que certains individus  se sentent menacés des   joutes verbales de Martelly contre leur personne, au cas où ils viendraient à prendre ouvertement Martelly pour ses blasphèmes.  D’autres  esquivent l’affaire complètement…pour éviter  descendre trop bas disent-il. Ils ne vont pas pouvoir descendre  dans la fange  pour répondre à Martelly  d’autant plus, que le bonhomme est comme cela et l´a toujours été, une exception, Il ne changera pas. D´ailleurs n’a-t-il pas  toujours utilisé les insalubrités dans sa musique et ceci  depuis les débuts?

Si l´individu  dans sa -réflexion personnelle- a du mal à ne pas  condamner les excès  de Martelly, il  sait  qu’il est compliqué de lui donner réponse. Bien que le musicien ait  tort de banaliser le mot “péter”, le mot “caca”, l’individu lui trouve des bien des excuses: L’alcool, la drogue qui le domine comme tout bon rocker…Quoiqu’on soit persuadé que Martelly ait tort de vouloir avilir sans cesse, réduire la femme à son sexe et l´homme a la possibilité d’une pénétration anale, la critique à son endroit  reste en soi.

D’un autre côté  les institutions gouvernementales font la sourde oreille puisqu´ils collaborent  officieusement avec le régime du perpétrateur.  Le parlement haïtien plus particulièrement le sénat, engagé  dans un  effort déclaré de redressement de la morale au pays,  s’abstient  également- d´ exprimer  son avis- sur le fait publique de Martelly et l’influence que son expression  exercer sur les mœurs et comportement de la société. De leur côté, La société civile et les partis politiques, les églises sont-ils conscients du péril? La question est lancée!

Les réactions sont donc moroses et non-officielles. Il est  pourtant,   il est évident que le candidat potentiel  recherche le bénéfice de la  polémique et l’enflamme avec des mots et gestes déplacés. Il est évident que son langage est intolérable quand en tsunami il  noie   la sphère civile et politique et pas simplement celle d´”entertainment”.

Paradoxalement  toute polémique pour le remettre dans une ligne ¨¨acceptable¨ risque de  lui être  favorable  lui engrangeant  davantage de popularité.

La morale et l’éthique:

Martelly serait donc  hors-censure, hors-condamnation, un privilégié? La rhétorique de l´intransigeance de  la morale, de l’éthique, que prône le sénat haïtien ne marcherait  pas avec Martelly car son statut l’en exempte!  Le président “bandit légal”  ne saurait être passé au crible de nos sensibilités et de nos règles  morales -individuelles et institutionnelles- parce que justement,  il joue habilement la  corde dualité musicale et politique. Il s’arroge  le  privilège et  l’alibi en béton, l’immunité qui le couvre  pour dire ce qu’il veut quand il veut à qui il veut. Ce qui ne serait pas permis à tout autre candidat qui n’a pas cet avantage d´ un homme de spectacle, d´un «performer »… Autrement dit, à le confronter nul ne peut gagner à son jeu: Individus ou institution. Nous y perdrions pour toutes cette raison.

Faut bien comprendre qu’à chaque fois qu’une opposition à son discours, son chants, à son image porno, à  ses injures publiques  s´essait, le résultat obtenu  est  à l’opposé du but recherché par la censure morales, le fanatisme musical métamorphosé en défenseur publique le réconforte en quelque sorte dans son entêtement et ses mauvaises habitudes.  Et même, Il se fait déjà des émules d’un mouvement  à définir comme le «compas kk »:

https://www.youtube.com/watch?v=fidVzY7loKY

Les trois pouvoirs complices de la provocation Martelly?

Tâtonnement du pouvoir LÉGISLATIF: Tandis que la loi interdisant le mariage homosexuel (loi masi-madi) ,  sous couvert  du renforcement de la loi sur la famille haïtienne, a   fait sujet de longs débats controversés au parlement,  cette institution  -qui  se veut pourtant dans son ensemble  gardien de la moral et  de l’éthique-, a  pourtant choisi d´ ignorer  l’atteinte aux bonnes vies et moeurs de  Martelly. Elle n´a  jugé bon d´opiner à aucun moment.

Toutefois  si le législatif  établit les règles, il   ne peut  en imposer l´application.  C’est  constitutionnellement  la responsabilité  du corps  judiciaire. Or celui-ci est  faible et  infecté par la corruption de ses membres: Les juges et avocats qui opèrent  les strates secrètes et viciées des transactions pécuniaires  et  compromission des dossiers judiciaires de leurs clients.

Le législatif  comme le judiciaire demeurent   partie prenante de l’exécutif malgré leur obligation  d’indépendance,   l émargement-budget en leur faveur dépendant des décisions de l’exécutif.  Sans outil de dissuasion qui vaille ou  recours intermédiaire contraignants mais surtout efficaces, ils se placent sous l´exécutif. (les mesures prévues par la constitution s’étant révélées inefficaces.)  L’indépendance des pouvoirs pour assurer la bonne marche démocratique  fait cruellement  défaut.

Les trois pouvoirs ont parti lié sur bien des points comme  éviter l’intégration de  la jeunesse diaspora performante au  système local;  comme  en exiger  financement au  travers d´une imposition fiscale  accrue mais  sans participation.  Scandaleux également   cette  décision des pouvoirs: payer pour exercer le  droit de vote tel que   prescrit au budget 2017-2017.

Notre société n’aura donc  pas officiellement ni émis d’accusation contre le musicien récidiviste pour outrage aux bonnes vies et moeurs,  ni  délivré  de réponse claire et net à la mise en place PHTK  Martelly/Jovenel/et éventuellement Martelly…

La continuité de l’Etat n’est pas continuité gouvernementale: L’état est permanent, le gouvernement temporaire.La constitution haïtienne de 1987 amendée décrit le rôle alloué au  président de la république d’Haïti  dans son article 136. Il oblige  le Président  à  occuper  la fonction de chef de l’état qui veille au respect et à l’exécution de la constitution haïtienne, qui s’assure de la stabilité des institutions, du fonctionnement régulier des Pouvoir  publics ainsi que la continuité de l´état.

La continuité de l´état mise en perspective à travers le projet gouvernemental Martelly/Moïse/Martelly:

L´ex. président et l´actuel président: Qui sont-ils à l´origine?

Michel Martelly Qui est Michel Joseph Martelly?  Il né le 12 février 1961 à Port-au-Prince, surnommé Sweet Micky (« Micky le doux » en français) ou Tet Kalé (« Crâne rasé » en créole), est un musicien, compositeur et homme d’État haïtien, président de la République du 14 mai 2011 au 7 février 2016.  IL est le fils de Gérard Martelly. Sa mère est issue d’une lignée de musiciens : les de Pradines.  Études: Michel Martelly obtient son baccalauréat au centre d’études secondaires. Musicien: Michel Martelly démarre comme musicien de kompa et se produit aux quatre coins d’Haïti, développant ainsi une notoriété nationale. Il réside également à Miami en Floride où il vit de sa musique et s’implique déjà dans la politique de son pays en affichant des liens avec les partisans du coup d’État de 1991 en Haïti. (Source Wikipedia)

Jovenel Moïse, né le 26 juin 1968 à Trou-du-Nord, est un entrepreneur et homme d’État haïtien, membre du Parti haïtien Tèt Kale et actuel président de la République depuis le 7 février 2017.  Jovenel Moïse naît à Trou-du-Nord dans le département du Nord-Est. Fils de Lucia Bruno, une couturière et commerçante, et d’Étienne Moïse, il effectue ses études primaires dans sa ville natale. Il devient PDG d’Agritrans, une entreprise de production et d’exportation de bananes. (Source Wikipedia)

Quelques questions d’intérêt général sur la ligne politique du parti PHTK dont l’actuel président Jovenel Moise est  la continuité mais,  cette  continuité de  l’etat haïtien prescrit par la constitution haïtienne y trouve-t-elle son compte?

 Questionnement sur les protagonistes:

MM: Ce fils de la  “bourgeoisie” mulâtre du sud  représente-t-il l’élite en  faillite? …alors que son entrain promettait de tout  renverser en bandit-légal pour le bien d´Haiti.  JM: Ce fils de la paysannerie noire du Nord, entrepreneur et ambitieux, producteur de bananes et actuel promoteur du riz,   représente-t-il les masses de l’arrière-pays et porte-t-il  leurs espoirs?

MM: Ce musicien rebelle populiste d’une jeunesse branchée représente-il l´échec  d´un  capitalisme sauvage alors qu’il promettait du bizness prospère pour tous? JM: Ce politicien   sans partisans personnels et sans appuis extérieur n’est-il pas  à la traîne des groupes et individus de pouvoir pour s’assurer de faire son temps?

Mais  leurs  enjeux concernent-t-il  les classes vives des urbaines incluant les fils de ghettos sordides du  rap-racine qui se jettent dans le sauve-qui-peut de l’immigration? …les classes laborieuses urbaine locales  et à diaspora qui  travaillent et étudient pour un avenir meilleur ?

Finalement: Que représente Michel Martelly, que représente  Jovenel Moïse, pour la majorité des couches sociales? De qui sont-ils la parole? Pour qui mènent-t-ils  leur combat?

Toutefois Michel Martelly métamorphosé  en  “nouveau riche” qui a sans études et sans capacité gestionnaires brisé les tabous, traversé toutes les barrières préétablies. Un hybride  “réussite popularité -échec politique ”. Fruit d’un capitalisme tiers-mondiste à cheval sur  abus et préjugés et ignorance, soif de richesse pour gouvernail.  Jovenel Moïse en ascension politico-sociale est dit-on un joueur de tennis qui veut jouer au ballon?  Un ballon à ses pieds  quand il ne sait pas shooter et donc  ne sait quoi en faire.

En fin de compte ici on peut se demander si la population en sa majorité pardonnera à Martelly et le faire revenir: cette faute impardonnable d’avoir participé à la destruction de son avenir, insistant pour assurer sa continuité personnelle au faite de l’état haïtien –La majorité de la jeunesse se laissera-t-elle saouler par le chant sonore de  Martelly sous influence, se laisserait –elle  embobiner par la dialectique musicale et le discours vers le bas du musicien?

 La leçon magistrale de Michel Martelly a la jeunesse haïtienne:

Si nous reprenons les termes de l´interview  du musicien sur le poste Radio Caraïbes, le 9 Février 2017, Michel Martelly  dit que la jeunesse doit avoir un modèle.  Il se décrit comme  un homme simple qui ne donnera jamais de mauvais conseils à la jeunesse.  Il veut  l´endoctriner et  lui demande d’embarquer sur son charre,  avec lui.  Il évalue son propre charisme,  sa popularité,  son verbe, à cet effet.  …A ceux qui diplômés et qualifiés semblerait le juger, lui qui n’a pas été bon élève aux écoles mais un turbulent, il dit se  sentir  fier de l’artiste et du créateur d’ambiance qu’il est devenu. En “bad boy” et,  justement à cause de cela,  il serait parvenu au faîte de son pays.

Bref,  Même si on n’a pas beaucoup étudié on peut devenir chef d’état ou y aspirer.  Peu importe la morale ou les  normes établis… telle est la leçon magistrale qu’il offre.

Est-il permis de rejeter avec Martelly -dans cette situation d´urgence et d´incertitude que vit le  pays-, certains critères de base pour mener à bien un pays telle que  la préparation académique en sciences politiques, connaissances en économie  et certains talents en administration publique?

Malgré les règles du jeu démocratique qui place en tête le plus populaire (nombres de votes obtenus au scrutin), nos présidents et pas seulement Martelly sont la preuve que si on peut être élu président sur sa popularité, on n’est pas nécessairement fait pour le poste. Méconnaître  cette criante  réalité est  bien néfastes au pays.

Martelly  s’attelle à nouveau au spectacle musicale, qui lui sied à la perfection d’où il espère tirer à la fois de nouveaux capitaux (à ce qu’il insinue), et rembobiner son pouvoir politique (qu’il chante). Son échec au gouvernement jusqu’a  2011,  et le débandade  actuelle  au sein  du gouvernement du  dauphin Moise permettent de  douter de l’éventualité d´une continuité  perverse.

Le pays mérite mieux!  Et aux citoyens courageux de changer la musique.

Si la musique  « Kompa » n’a jamais servi, -dans l’histoire récente de ce pays-, de canal d´opposition à aucun régime, aujourd’hui il sert d´outil de  manipulation politique à la sauce  Martelly.

Toutefois, la jeune génération des musiques  « rap-racine », -musicien-producteur comme publique-fanatique-,  prend  très au sérieux sa mission d´instrument du changement.

Tout en musique, souhaitons-le !

Par Michelle Mevs, Tout Haiti

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