Comment « pacifier » Grand-Ravine, selon Mario Andrésol

Mario Adresol, Photo Loop Haiti

Mario Adresol, Photo Loop Haiti

La disparition du photojournaliste Vladjimir Legagneur aura permis à Grand-Ravine de revenir, peut-être plus tôt qu’attendu, au cœur de l’actualité. Les rumeurs concernant des atrocités que le journaliste, porté disparu depuis le 14 mars, aurait subies dans ce quartier populaire dominé par des bandits armés, donnent froid dans le dos et accentuent la peur et la haine suscités par ce quartier.

De son côté, la Police nationale continue son enquête. Pour sauver la face et faire preuve de vaillance, l’institution affirme non seulement qu’il n’existe pour elle, aucune zone de non droit en Haiti, mais promet aussi de « pacifier » Grand-Ravine. C’est le grand souhait de tout-le-monde. Mais la grande question demeure « comment ? ».

Pour Mario Andrésol, pacifier une telle zone n’est pas chose impossible mais tout dépend des stratégies adoptées par les autorités. Cependant, l’ancien Directeur général de la Police nationale d’Haiti (PNH) croit qu’au lieu d’une méthode de confrontation avec les bandits, la meilleure stratégie serait « une prise en charge permanente de la zone par l’Etat haïtien ». Il faut que l’Etat investisse davantage dans le social au sein des zones comme Grand-Ravine, insiste-il lors d’un entretien avec Loop Haiti.

Selon son expérience, les quartiers dits « de non droit » fonctionnent dans l’ordre suivant : les enfants grandissent et s’adaptent à un système déjà en place et ils remplacent les bandits qui vieillissent et qui meurent. La cause de la pérennisation de ce schémas viendrait du fait que « l’Etat – depuis longtemps -, ne prend pas ses responsabilités vis-à-vis de ces zones ». Les gens se sentent abandonnés, ils sont pauvres, ils construisent de manière anarchique au point que les quartiers deviennent inaccessibles à la Police.

En investissant davantage dans ces quartiers – création d’emplois pour la population, leur éducation, l’assainissement de la zone -, les gens seront plus enclins à la paix et le travail de la Police sera moins sensible plus facile. Et pour ce faire, les Ministères de l’Education nationale, de sports et des actions civiques, des Affaires sociales et de l’Intérieur, ont tous leur rôle à jouer.

Ajouté à cela, la Police a besoin d’une meilleure présence dans ces endroits, fait savoir Andrésol, qui se félicite d’avoir adopté durant son mandat une méthode qui a donné des résultats. Il faut que le Commissariat qui se trouve tout près/au sein de ces quartiers soit plus « existant » et que la police de proximité soit opérationnelle. En faisant ainsi, l’on parvient, fait savoir l’ancien chef de Police, à isoler les bandits de la zone.

Sinon, croit Andrésol, ancien candidat malheureux à la dernière présidentielle, tant que les gens resteront pauvres et abandonnés dans les quartiers populaires, il existera toujours des bandits armés et le désordre résignera en maitre et seigneur.

Le  photojournaliste, Vladjimir Legagneur, a quitté sa maison depuis le 14 mars 2018, en direction de Grand-Ravine pour réaliser un reportage. Il n’est rentré chez lui depuis. Des rumeurs circulent et font état de circonstances terribles dans lesquelles il aurait retrouvé la mort. Une opération de la Police nationale d’Haiti (PNH), un chapeau a été déterré avec des restes humains sur un terrain de la zone ou, selon les rumeurs, il aurait été tué. Le chapeau est en effet, celui que portait le travailleur de la presse, selon sa femme mais la Police n’a pas encore confirmé si les os et chairs sont bien les siens.

Deux individus ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête. La Police annonce que bientôt, une déclaration définitive sera faite sur le dossier.

Photo Loop Haiti & USA.,.,    http://www.loophaiti.com/content/comment-pacifier-grand-ravine-selon-mario-andresol

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