Crise dans la crise à l’Université d’État d’Haïti ?

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De nouveaux soubresauts sont enregistrés dans la crise qui secoue l’Université d’État d’Haïti (UEH), où les dirigeants ne partagent pas la méthode de recherche d’une sortie de crise, alors que les structures de direction de l’institution ont du mal à fonctionner.

Une position publique du vice-recteur aux affaires académiques, Hérold Toussaint, suscite des commentaires divergents au sein du Conseil de l’Ueh, au vu des informations qu’a pu obtenir l’agence en ligne AlterPresse.

L’attitude de Toussaint, qui a appelé, lors d’une conférence de presse en date du jeudi 26 octobre 2017, à une médiation pour résoudre la crise qui secoue l’institution, est qualifiée d’antidémocratique par une résolution du Conseil de l’Université (Cu) prise à son encontre, lors d’une retraite déroulée du 27 au 29 octobre 2017.

Une source du Conseil de l’Ueh a fait savoir à AlterPresse que ce dernier ne veut pas de polémique avec le vice-recteur qui a pris part à la retraite.

« Les membres du Cu étaient d’autant plus choqués que le vice-recteur a fait ces déclarations la veille de la tenue de la session du Cu », souligne la source.

Alors que la crise perdure à l’Ueh depuis de nombreux mois, les instances dirigeantes de l’institution éprouveraient des difficultés à fonctionner.

Le professeur Toussaint avait souligné que la non synchronisation des actions du recteur et des vice-recteurs aurait « des effets néfastes sur la santé académique et la vie des étudiantes et étudiants ».

Il avait également exhorté le Conseil de l’Ueh à allumer la bougie de la réconciliation.

« Si le conseil refuse de prendre le chemin de la médiation, la vie universitaire sera banalisée dans l’espace public », avait-il prévenu, lors de sa position publique sur la crise.

« Comment demander à des tiers d’êtres médiateurs entres les membres d’une instance suprême. Si l’instance ou les membres ne peuvent pas agir pour prendre une décision, la seule chose à faire c’est de démissionner », soutient la source.

« Les dissensions au sein du Conseil exécutif, réglées sur la place publique, l’empêchent de bien jouer son rôle, la crise ne peut pas être résolue quand des voix discordantes s’affirment » au sein des Conseils de l’Université et Exécutif, ajoute-t-elle.

Pour sa part, l’un des représentants des professeurs au sein du Cu, Samuel Régulus, estime que la position du vice-recteur est sage.

Les autres membres du Conseil qui devraient adhérer à sa position la banalisent parce qu’ils ne reconnaissent pas qu’il y a effectivement une crise au sein de l’Université, critique-t-il.

« Tant que les 11 facultés ne sont pas fermées, ils ne reconnaîtront jamais qu’il y a crise. Aucun effort ne sera déployé pour résoudre cette crise », dénonce Régulus.

Le vice-recteur aux affaires académiques n’a que deux choix, soit qu’il démissionne, soit qu’il ferme les yeux sur ce qui se passe comme les autres membres du Conseil de l’Ueh, s’insurge-t-il.

Pour lui, l’Ueh ne constitue pas un espace qui tolère la libre pensée et des idées contraires. Si vous n’êtes pas soumis aux décisions des autres membres, on vous menace de vous révoquer ou de vous destituer, dénonce-t-il.

Actuellement, les activités sont paralysées dans plusieurs entités de l’Ueh, dont l’École normale supérieure (Ens) et la faculté d’ethnologie (Fe) alors que celles de la Faculté des sciences humaines (Fasch) commencent à reprendre petit à petit.

La Faculté d’ethnologie a fermé ses portes, suite à un mouvement de protestations violentes de plusieurs étudiants, au cours duquel, l’étudiant John Rock Gourgueder Jean a été renversé le lundi 12 juin 2017, dans l’enceinte de la Fe, par le véhicule du doyen, Jean Yves Blot, et au moins un professeur sévèrement fracturé.

Alter Presse, Haiti & USA

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