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De Jean Monard Métellus à Me André Michel

Conjoncture

De Jean Monard Métellus à Me André Michel
Le Nouvelliste | Publi le :22 octobre 2013
 Pierre-Raymond Dumas
Dans les deux cas, le problème essentiel est celui de la liberté d’expression et du pluralisme politique. Leur point commun? C’est d’être de virulents contempteurs du pouvoir en place: ils ne manquent ni de hardiesse ni de force de caractère dans leurs raisonnements.
Le premier est un confrère plein d’intelligence. Servi par un média vedette (Radio Télé Caraïbe); il tient par-dessus tout à son libre arbitre, à son franc-parler. Il y a chez lui le goût de convaincre et le désir d’informer. C’est sans doute ce qui l’a déterminé à laisser tomber l’enseignement pour le journalisme, métier exigeant et dangereux. Son courage a fait mouche jusqu’à devenir dérangeant, un sujet de controverse. Cela tient à la justesse de ses analyses et à la force de son charisme.
Me André Michel, lui, est un militant politique fougueux, insolent de vivacité, tranchant. Après sa brouille fracassante avec le leader du KID, Evans Paul (K- Plim), il s’érigera par la suite comme l’un des plus tenaces partisans de la candidate Mirlande Hyppolite Manigat (RDNP) lors des dernières élections. Dans ses prises de position, avec outrance ou brio, il impressionnait toujours autant, il décevait beaucoup moins.
Avec l’arrivée inespérée au pouvoir de Michel Joseph Martelly, il allait se montrer assidu et implacable dans son rôle d’opposant farouche, notamment aux côtés de Me Newton St-Juste dans le dossier de corruption présumée impliquant Mme Sophia et Olivier Martelly. Dans son combat contre Jean-Bertrand Aristide-rappelons-le-, il devait faire preuve de la même ferveur. Ainsi se forge-t-il, année après année, une image d’homme politique déterminé et cinglant.
On ne peut pas dire que le président Martelly, face à de tels esprits acharnés, n’a pas de chance. Non, pas vraiment. Les deux hommes –le journaliste et l’homme politique–partagent la même conception offensive de la parole et la même admiration (légitime et enviable) pour la secrétaire générale du RDNP. Ni les menaces d’assassinat ni les tracasseries juridico-policières ne peuvent freiner leur soif de vérité et leur énergie. Selon toute évidence, ces méthodes surannées ne feront que choquer l’opinion, discréditer les autorités et susciter un large courant de sympathie et de solidarité au profit de Jean Monard Métellus et de Me André Michel. En fait, un journalisme politique axé sur la critique et la liberté de la parole fait partie intégrante d’un véritable Etat de droit (en construction) ainsi qu’une opposition radicale, mettant en oeuvre avec énergie et constance une alternative politique probable. Reste que la première fonction politique de tout pouvoir, doté de dirigeants avisés et clairvoyants, est sa capacité à jouer le jeu démocratique suivant les normes et les règles légales et constitutionnelles. C’est la faiblesse du président Martelly et son équipe si la bataille de la communication et la revitalisation de l’opposition commencent allègrement à prendre des proportions menaçantes…
Pierre-Raymond Dumas
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