Entrevue sur la Poesie

 

Mireille Sylvain-David (Mimi) Conseillère des Etudiants Haïtiens à Florida International University- FIU 2007

«Haitian Students Organizastion, HSO »

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HSO: Comment devient-on poète ?

Mimi : On ne devient pas poète. On naît poète. Comme l’a si bien dit Boileau dans son Art Poétique « Il faut avoir reçu du ciel, l’influence secrète. » D’après moi, la poésie comme la peinture est un talent qui se développe au fil des ans. Un poème c’est comme un tableau. Le poète exprime avec les mots ce que le peintre exprime avec les couleurs, l’eau et l’huile. « L’émotion qui se trouve dans la poésie est cependant unique à elle seule » a dit mon père, le dramaturge, Marcel L. Sylvain. Un poète peut lancer un message politique ou religieux et se concentrer sur le progrès ou la misère des peuples. Un autre peut invoquer les charmes de la nature et un autre peut écrire sur la vérité humaine et les sentiments qui nous habitent. Moi, j’ai découvert très jeune que j’avais ce talent de pouvoir jouer avec les mots. A quinze ans, j’ai essayé l’alexandrin après avoir lu Corneille et Lamartine. Puis je suis tombée amoureuse de Jean de La Fontaine. J’ai trouvé ses fables fabuleuses; en prose, La Fontaine nous décrit l’humanité entière. Les analogies entre les animaux et les hommes sont si captivantes. Par exemple, Maurice Sixto, le Molière haïtien, dans ses contes, nous jette dans des lieux réels mais toute une poésie se dégage de ses contes. Maurisseau Leroy nous a laissé pas mal de longs récits poétiques de notre histoire de peuple. En un mot, un vrai poète doit savoir que la poésie a une tendance au merveilleux et au sublime tout en respectant les normes de la composition d’ensemble.

HSO : Comment arrive-t-on à faire la composition d’ensemble ?

Mimi : La composition d’ensemble consiste en forme et en fond. Tout d’abord if faut choisir la forme elle peut être en alexandrin, vers libres etc. Il faut savoir respecter l’orthographe de la langue et éviter la plagia. Ensuite, il faut établir un lien entre la description et les passages lyriques. Dans les passages lyriques, il faut décrire avec émotion les détails et les traits qui vont faire l’hymne lyrique et aider à distinguer les étapes du poème. Il l faut commencer par trouver le sens et élaborer avec exactitude sur le thème. Il faut aussi relever les éléments qui tendent à ennoblir à attrister. Les descriptions, répétitives ou non, doivent créer l’impression de chaleur, de vaillance, de joie, de fureur ou de langueur selon la muse.

HSO : C’est quoi La muse ?

Mimi : La muse, c’est l’inspiration. D’après moi, c’est une élévation spirituelle de la pensée qui vous fait rêver et méditer sur la destinée humaine. Presque tout homme sur terre connaît l’amour ses joies et ses vicissitudes mais il n’est pas donné à tout un chacun de pouvoir l’exprimer sur papier et en strophe.

HSO : Est- ce qu’un poète peut-être romancier ?

Si nous remontons au temps des patriarches, de Socrate, de Plato de Jésus Christ ou au Moyen Age, si nous lisons actuellement La Légende des Siècles de Victor Hugo, l’Ancien et le Nouveau Testament, nous remarquons que ces anciens savants, pour la plupart, étaient mathématiciens, poètes et écrivains. Je rencontre des gens qui peuvent écrire des strophes sans jamais pouvoir écrire des romans ou des essais. Par contre, je rencontre des écrivains qui produisent des chef d’œuvres lyriques et musicales. Je dirai donc que la ligne entre le poète et l’écrivain est presque minime. Un émouvant roman d’amour peut inspirer un poète aussi bien qu’un émouvant poème d’amour peut émouvoir un écrivain. L’exaltation physique et cérébrale est ressentie chez les deux quand ils produisent une œuvre.

HSO : As-tu écrit des romans ?

Je viens de publier mon second roman. Comme pour mon premier roman celui-ci sera une œuvre sociologique car j’aime toujours émettre un message social et académique ce qui m’oblige à conduire des recherches sur le topique du roman. Mais avant même d’entreprendre ce côté littéraire, le poète chez moi prend le dessus, je vis intensément la vie de mes personnages et mon imagination voyage dans des lieux exotiques. Si je décris un paysage je le veux admirable et réel. Si je parle d’un lac, je vois d’abord le miroir qui le recouvre et si je parle d’amants, je ressens l’exaltation physique et mystique qui les habite. Bref, je vis l’histoire avant même de la finir et déjà je ressens cette fore mystérieuse qui me lie à mon lecteur car tout au long de l’ouvrage je veux rendre heureux celui ou celle qui me lira.

Mireille Sylvai-David

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