La nature nous interpelle

Il pleut sur plusieurs régions du pays. La dégradation accélérée de notre environnement transforme ce phénomène en une source d’angoisses pour la population haïtienne dans la mesure où une goutte de pluie peut provoquer des inondations avec pour conséquences d’obstruer les routes, voire d’emporter des vies humaines, entres autres. Le spectacle désolant qu’offrent certains quartiers de Port-au-Prince après les pluies de cette semaine en est la preuve.

Si certaines de nos rues sont obstruées par les alluvions après chaque goutte de pluie, si le pays a déjà enregistré deux morts à cause des averses de cette semaine, ce n’est pas parce que la nature ne nous aime pas. Il s’agit de préférence des résultats de notre gestion catastrophique de l’environnement. Aujourd’hui encore, les constructions se font en dehors de toute norme et une bonne partie de nos ordures sont jetées dans les égouts et les ravins. Les maux de notre environnement sont longtemps identifiés, mais les solutions tardent à venir.

Les institutions chargées de la protection de l’environnement semblent avoir mis la clé sous la porte sans faire de bruit. Chaque autorité trouvera mille excuses pour expliquer pourquoi elle n’a pas fait son travail. Entre-temps, notre vulnérabilité en matière d’environnement s’accentue. Les dégâts enregistrés suite aux averses de cette semaine sont juste une piqûre de rappel. Un rappel que nous ne pouvons pas continuer à ignorer dans la mesure où c’est notre survie qui est en péril. Nous ne pouvons plus continuer à maquiller les problèmes environnementaux. L’État, à travers les mairies, le ministère de l’Environnement, les forces de l’ordre et toute autre institution concernée, doit se donner les moyens pour freiner la dégradation de l’environnement. Ce n’est pas en un jour que le pays va se remettre de tous ses maux, mais il faut commencer un jour par interdire pour de bon les constructions anarchiques, surtout dans les bassins versants, faire respecter l’arrêté sur les produits en foam et empêcher que les égouts et les ravins continuent d’être utilisés comme dépotoirs.

Commencer à freiner le désordre qui nous conduit là où nous sommes aujourd’hui est une nécessité. S’il est vrai que cela exige des moyens de toutes sortes, il faut avant tout de la volonté politique. Ce qui avait manqué aux prédécesseurs de Jovenel Moïse. Même avec toutes les richesses du monde nous n’arriverons pas à changer la donne s’il n’y a pas de vision. Le fonds PetroCaribe en est la preuve.

Jean Pharès Jérôme, Extrait du Nouvelliste Haiti.,.,  http://www.lenouvelliste.com/public/index.php/article/187009/la-nature-nous-interpelle
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