La Renaissance. 2/5

Francois 1er, La Renaissance.

Francois 1er, La Renaissance.

L’invention de la perspective, même si l’on peut la dater avec précision de la fin de la première moitié du XVe siècle à Florence, est le fruit d’un travail commencé un siècle plus tôt. Plusieurs systèmes ont été essayé avant l’adoption de la méthode monofocale centralisée pour les raisons décrites ci-dessus. Perspective bifocale centralisée (deux points de fuite au centre du tableau) ou latéralisée (deux points de fuite à gauche et à droite du tableau) et perspective tournante (augmentation de la taille du sujet vers le centre du tableau, basée sur la vision que l’on a dans un miroir convexe et qui produit un fort effet de mouvement) ont été étudiés au début du siècle avant d’être abandonnées en partie à cause de la difficulté de réalisation qu’elles présentaient.
La perspective atmosphérique, qui utilise le dégradé de tons colorés chauds/froids combinés à un aspect vaporeux de plus en plus prononcé vers l’arrière-plan, est favorisée dans la peinture septentrionale mais aussi chez les peintres italiens à partir de la génération de Léonard de Vinci qui ont subi l’influence du mouvement flamand.

L’humanisme permet également au portrait d’apparaître, genre jusqu’alors prohibé par le pouvoir religieux pour lequel l’individu n’avait pas d’importance en soi. Il côtoie la peinture d’histoire (scènes religieuses et mythologiques) chez les grandi désireux de laisser derrière eux une trace de leur existence. D’abord présenté de profil avec un cadrage aux épaules, le portrait se verra ajouté un paysage dans l’arrière-plan puis, grâce à l’influence flamande, se montrera au spectateur de trois-quarts face.
Enfin, la première renaissance est marquée par la mode de l’antique que l’on retrouve aussi bien dans l’architecture, la sculpture et la peinture. Les artistes, souvent érudits, étudient la philosophie ainsi que les vestiges greco-romains afin d’en imiter le style qu’ils intègrent dans leur travail. Ce rapprochement de l’art païen et de la religion chrétienne témoigne d’une volonté particulière de l’homme de la renaissance, conscient de vivre une époque nouvelle, de rompre totalement avec le moyen âge en se parant d’une image rappelant la grandeur passée de l’empire romain. Dès la seconde génération de peintres de la haute renaissance italienne, tels que Mantegna ou Botticelli, les artistes n’auront de cesse d’imiter et d’assimiler le style all’antica.
Les canons énoncés dans la philosophie d’Aristote et de Platon amèneront la peinture italienne à une idéalisation de la beauté que ce soit dans la représentation des paysages, du portrait ou dans les proportions mathématiques du corps dont témoigne l’homme de Vitruve que Léonard de Vinci mis en image d’après les écrits de l’architecte romain. Cette recherche du beau idéal et de la représentation de la dignité humaine marque la différence fondamentale entre le style italien et la peinture d’Europe du nord.

Si les italiens proposent une peinture intellectuelle, réfléchie et philosophique, les flamands traduisent avant tout les sentiments intérieurs à travers un dessin expressif et poétique. Leur version de la beauté se ressent dans des oeuvres dont les figures semblent vivantes tant le souci du détail est travaillé avec une virtuosité que l’on retrouve dans les objets, les matières, l’éclairage et les effets lumineux. Les portraits ne sont pas idéalisés comme le font les peintres italiens. Rides, taches de la peau, boutons, cicatrices ne sont pas épargnés à leurs modèles. Ce réalisme si particulier rend le sujet animé, l’âme est présente sous l’image où le beau s’exprime dans l’authentique.

Admiratifs d’une telle habileté, des peintres italiens de la seconde moitié du XVe siècle l’intégreront à leur manière de peindre sans toutefois renoncer à l’idéal esthétique propre à la peinture méridionale.
L’influence flamande (van Eyck en particulier) se retrouve également dans la peinture italienne au niveau de la composition du tableau d’autel où la scène religieuse est peinte dans le même espace que celui des donateurs alors que la tradition voulait qu’ils soient placés sur les panneaux latéraux. La peinture à l’huile, issue elle aussi de l’atelier de Jan van Eyck, apportera aux artistes de l’Europe entière une technique leur permettant de retoucher à plusieurs reprises les tableaux qui, jusqu’alors, étaient faits avec de la tempera dont le liant principal issu du jaune d’oeuf séchait très rapidement. Dès lors, la complexité d’exécution des dessins se trouvait libérée de toute contrainte.

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