La Renaissance, 3/5.

Comment analyser.

Comment analyser.

LE XVe SIECLE ITALIEN

Durant la première moitié du XVe siècle, c’est à Florence que se font sentir les premiers changements avec les styles monumentaux de Masaccio et de Fra Angelico. Si les influences gothiques sont encore présentes au début, la maîtrise mathématique du traité perspectif va donner au mouvement son identité propre.
A Urbino, la peinture est dominée par la personne de Piero della Francesca. Mathématicien hors pair, il s’exprime à travers une peinture au traité scientifique où la perspective et l’étude la lumière vont faire l’admiration de ses contemporains.

Successeur de Masaccio, Fra Filippo Lippi va donner une place privilégiée à la femme dans ses oeuvres et modifier l’ordre des éléments dans la composition du tableau. La deuxième moitié du XVe siècle est marquée par son élève : Sandro Botticelli. Attaché à l’humanisme en vogue, il est l’un des premiers à intégrer des motifs antiques dans des scènes quelquefois tirées directement de la mythologie classique. A son image mais avec un traité différent, Andrea Mantegna apporte le nouveau style à la cour de Mantoue et le fera rayonner jusqu’à Ferrare. Les grandes familles dirigeantes des cités-Etats adoptent très vite le mouvement moderne et mettent en place un mécénat qui entretient les plus grands peintres de l’époque.

Filippino Lippi, après avoir étudié sous la férule de Botticelli, acquière un style personnel et devient un artiste réputé de son vivant. Il garde néanmoins de son maître un dessin aux contours harmonieux et la douceur de ses figures.

Parmi les peintres de cette génération, Domenico Ghirlandaio est sans conteste celui qui est considéré comme le plus grand des maîtres florentins. Son influence sur les peintres de la génération suivante, dont Léonard de Vinci, est incontestable. Comme Botticelli il sera appelé à Rome pour participer à la rénovation de la chapelle sixtine.

Pérugin, se caractérise par une peinture empreinte d’une douceur particulière ainsi qu’une expression des sentiments chez ses sujets qu’il semble être le seul à réussir à mettre en image dans une extraordinaire tonalité. De son atelier sortiront de prestigieux acteurs de la renaissance classique du début du siècle suivant : Pinturicchio et Raphaël.

Enfin, à Venise, l’art est marqué de l’empreinte de la famille Bellini dont le plus célèbre, Giovanni, annonce déjà un style beaucoup plus gai et coloré que celui des florentins et qui fera l’identité propre de la peinture vénitienne.

LA RENAISSANCE DU NORD ET L’ECOLE FLAMANDE

Si les primitifs flamands ont largement inspiré les italiens, l’influence est beaucoup moins flagrante dans l’autre sens. Toutefois les peintres des pays du nord empruntent à leurs homologues du sud la représentation de sujets antiques ou mythologiques. Le renouveau flamand se fait sentir beaucoup plus lentement qu’en Italie et s’installe d’abord dans la finesse des détails apportés à la nature et aux matières. La peinture ne présente pas de rupture radicale avec le moyen âge dont elle s’approprie des visions souvent fantastiques.

Les fondateurs du courant renaissant en Flandre sont les frères van Eyck et Rogier van der Weyden. Jan van Eyck après un début d’activité à Maastricht s’installe à Bruges, à la mort de son frère, alors pôle économique central des pays du nord. Il sert principalement les cours princières de la région et jouit d’un statut social important. Alors inégalé dans le réalisme qu’il apporte aux portraits et à la nature, ses oeuvres, austères et doucement pieuses à la fois, sont à considérer comme le moteur d’un style pictural qui sera approfondi par les peintres des générations suivantes, qu’ils soient flamands ou bien italiens.

L’évolution stylistique néerlandaise est palpable dans le travail de Rogier van der Weyden actif à Bruxelles et à Louvain. En fondant l’école du Brabant il pose les bases qui influenceront les artistes majeurs qui sortent de son atelier. Le plus célèbre d’entre eux, Hans Memling, laisse une importante production ou la virtuosité technique l’emporte sur le caractère sous-jacent de ses sujets, contrairement à van Eyck.

Mais le plus énigmatique des peintres de la renaissance flamande reste sans aucun doute Jérôme Bosch dont une grande partie de son oeuvre est constituée d’images hors du commun dans lesquelles l’imagination débordante du peintre vient se mélanger à un langage métaphorique, mystérieux et occulte. Marqué par le contexte d’austérité religieuse qui marque les régions les plus au nord de la Hollande, il exprime un sentiment de piété personnelle au travers d’une critique acerbe de son époque et de ses contemporains.

Son style particulier influencera au siècle suivant des peintres tels que Bruegel l’ancien qui, hormis quelques peintures religieuses, laisse un témoignage captivant de la vie quotidienne du monde rural flamand au début du XVIe siècle.

L’histoire de l’art

No comments yet.

Leave a Reply