La rivalité autour de l’organisation du carnaval national n’a pas sa place, selon Evans Paul

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Les autorités ne devraient pas se lancer dans la rivalité autour de l’organisation du carnaval national. C’est l’avis de l’ancien Premier ministre, également allié du pouvoir en place, Évans Paul, sur Magik 9 ce jeudi. Il a ainsi exprimé son opinion sur le bras de fer qui oppose Ralph Youri Chevry, maire de Port-au-Prince, à l’administration Moïse-Lafontant sur l’organisation des festivités carnavalesques. Pour avoir été maire de la ville de Port-au-Prince, Paul connaît l’enjeu pour un maire de devoir organiser le carnaval national. D’ailleurs, il dit avoir également vécu ce « dilemme ». « Mais cela n’a pas été aussi criant. À l’époque, en 1991, le gouvernement venait à peine de prendre fonction. L’État central avait débloqué un montant de 4 millions de gourdes le vendredi précédant les festivités. Il fallait négocier avec la banque centrale afin de pouvoir changer le chèque. Il y avait beaucoup de retard dans la planification et les difficultés s’étaient multipliés », a-t-il raconté.

Évans Paul a indexé une volonté de politisation du carnaval, coïncidant avec l’entrée d’Haïti dans l’ère démocratique. « À une certaine époque, sous Duvalier, la mairie gérait bien le carnaval. Car la dictature était uniforme. Le maire y était partie prenante. Il n’y avait aucune rivalité politique entre la mairie et le pouvoir central. Depuis notre entrée dans le système démocratique, l’organisation du carnaval devient une pomme de discorde entre la mairie et le pouvoir central », analyse-t-il, ajoutant que c’est une situation très triste qui perdure de gouvernement en gouvernement.

Dans ce bras de fer, la mairie n’est pas en position favorable, car, a soutenu Évans Paul, car elle n’a pas les moyens de sa politique. « C’est le pouvoir central qui détient le plus grand budget. La mairie ne peut pas organiser le carnaval seule sans l’accompagnement de l’exécutif. L’autonomie municipale n’est que théorique », a-t-il regretté.

Évans Paul rappelle que le carnaval est un espace de liberté où l’on peut retrouver toutes les contradictions et frustrations qui traversent la société. Selon lui, cette volonté de contrôle de part et d’autre se fait au détriment du carnaval. Il propose la formation d’un comité national, chargé de l’organisation de ces festivités sur tout le territoire national. « Il faut donner au peuple son espace pour se divertir. Il faut donner aux créateurs leur espace pour créer. Il faut laisser la chance à un grand spectacle qui sera bon pour le pays en termes de visibilité. Ce qui serait bon pour l’image du pays. Il n’est pas trop tard pour les protagonistes de changer d’attitude », a-t-il conseillé.

Le Nouvelliste, Haiti

 

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