Le Commandant Gary Eugene ne se laissera pas faire.

Chef de Police, North Miami

Chef de Police, North Miami

Lorsque, en janvier 2006, la ville de North Miami fit appel à Gary Eugene pour diriger sa force de police, un seul adjectif venait à l’idée pour le qualifier :intègre. Après tout, Gary Eugène compte environ 31 ans d’expériencepolicière et détient un casier disciplinaire vierge. En plus, il est issu de la communautéhaïtienne, le plus grand bloc démographique de la ville. Cela explique pourquoi, à la nomination de M. Eugène, les médiasaméricains, les dirigeants de la ville de Miami et notre communauté ne tarissaient pas d’élogesà son égard.

Cependant, tout cela allait changer. Le lundi 18 juillet 2016 dans l’après-midi, la Police de North Miami reçoit un appel faisant état d’un homme armé qui menaçait de se suiciderà l’intersection de la 127e rue et la 14e avenue, dans le Nord- Est. En fait, il s’agissait d’Arnaldo Rios, un autiste de 27 ans qui s’était échappé d’une clinique psychiatrique du voisinage et avait en sa possession, en guise d’un pistolet, contrairement à ce qui avait été rapportéà la police, un jouet inoffensif. Avant l’arrivée de la police, un travailleur social du nom de Charles Kinsey qui prenait soin du malade, l’avait suivi dans les rues pour tenter de le convaincre de regagner la clinique.

À L’arrivée de la police, Charles Kinseydécide de s’allonger de tout son long sur le sol, les deux mains en l’air, par mesure de précaution. En dépit de tout, l’un des policiers décide d’utiliser son arme, et le projectile touche Kinsley à la jambe. Selon te tireur, Jonathan Aledda, membre de l’équipe SWAT de la ville, il visait plutôt Rios mais c’est Kinsley qui fut touché. Le policier, selon ses dires, croyait que le malade mental était armé.

La semaine dernière, soit plus d’un an plus tard, au bout d’une longue investigation, la ville deNorth Miami a décidé de renvoyer Emile Hollant, commandant de police, alors que son supérieurhiérarchique, chef Gary Eugène, n’était pas en poste, profitant d’un congé médical qui touchait à sa fin. Un jour plus tard, soit le vendredi 16juin 2017, le directeur municipal, LarrySpring, convoque chef Eugene dans son bureau. Au cours de cette rencontre, il donne un délai de 21 jours au directeur de la police pour démissionner, sinon la ville le licenciera.

Dans une interview exclusive accordée à Le National, chef Gary nous a fait part de sa décision de défendre sa réputation et celle de la communauté que la ville de North Miami tente de salirà travers cedépart forcé. Selon lui, la révocation du commandant Hollant est un abus et on essaie de le faire partir parce qu’il détient les informations pouvant le prouver.

Toujours selon chef Eugène, le commandant Hollant, bien qu’étant sur la scène ce jourlà, n’était pas aux côtés du tireur au moment où celui-ci utilisa son arme. Au cours de l’investigation conduite par chef Eugène, M. Hollant le lui dit clairement. Cependant, les autoritésmunicipales, se fondant sur leur propre investigation, ont dit àchef Eugene que le commandant Hollant avait été sur les lieux de l’incident, ce qui avait porté chef Eugene à penser que Hollant lui avait menti. Cependant, il a pu rapidement vérifier que le commandant Hollant ne lui avait pas menti.

Le Commandant Hollant avait été interviewé par le bureau de la procureure de Miami-Dade, Katherine Fernandez Rundle. Cette investigation a conduit à la conclusion qu’il n’avait pas menti. Selon Hollant, il était dans sa voiture à la recherche de jumelles pour vérifier si vraiment ce que tenait le malade était une arme lorsque le coup de feu partit. Cependant, l’investigation conduite par le département des affaires internes de la police de North Miami a conduit à des conclusions différentes. Selon le rapport y afférant,le commandant Hollant était sur place au moment de l’incident, et en tant que commandant, il aurait dû prendre la tête de l’opération.

Selon chef Eugène, dans le courant de l’investigation, il a appris que lechef suppléant Larry Juriga et le commandant Angel Rivera avaient une dent contre le commandantHollant, ce qui les a poussésà induire les chefs civils de la municipalité en erreur.

Toujours selon chef Eugène, au cours de sa conversation avec le directeur municipal, ce dernier lui donna 21 jours pour démissionner, l’assurant que cette décision n’avait rien à voir avec son comportement ou sa performance. Deux heures plus tard, le directeur municipal était dans les médias, justifiant la décision de licencier chef Eugène par un quelconque mensonge de ce dernier. « Je ne permettrai à personne de porter atteinte à ma réputation, a confié chef Eugène au National. Je lutterai jusqu’au bout pour préserver ma réputation. Je le ferai pour moi-même, ma famille et la communauté. Mon casier professionnel, après 31 ans dans la police, est vierge. Je ne permettrai à personne de le salir. Ils ont révoqué le commandant Hollant 14 heures avant que je retourne au travail. Pourquoi ne pouvaientils pas attendre mon retour avant de prendre cette décision ? La situation est claire :après avoir licencié le commandant Hollant arbitrairement, ils essaient maintenant de me fermer la bouche puisque je détiens les informations pouvant prouver les irrégularités entachant cette révocation. Qu’ils ne comptent pas sur moi pour leur rendre la tâche aussi facile »

Frandley Denis Julien, Le National Haiti

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