Le phénomène Duvalier (conclusion) Part 3

Le phénomène Duvalier Part 1

Le phénomène Duvalier part 2

 

Construire ensemble pour mieux nous protéger

Ceux qui ont lu attentivement les deux volets précédents de cette série ont dû en dégager assez nettement les lignes directrices : regarder les causes et les effets du phénomène Duvalier afin de nous prémunir contre une éventuelle réédition de cette tragédie ; surmonter les préjugés traditionnels et les valeurs paralysantes qui inhibent et divisent notre société ; envisager des moyens de (re)construire notre pays et de nous protéger des manipulations politiciennes grâce à une refonte de la répartition des rôles, des droits et des ressources dans la production sociale. Si nous acceptons comme prémisse que nombre de nos faiblesses et de nos incohérences sont la source et la conséquence de nos divisions, il semble logique d’essayer de guérir le mal par son contraire en travaillant systématiquement à la cohésion sociale. Celle-ci peut s’obtenir par un engagement collectif dans un projet rassembleur, comme ce fut le cas pour nos ancêtres quand ils se sont tenus par la main, au moins pour un moment, en transcendant leurs querelles et le clivage entre affranchis et esclaves afin de nous créer le pays que nous aimons tous. Nos ancêtres ont fait leur devoir en leur temps. À nous de faire maintenant le nôtre, ce qui ne devrait tout de même pas être aussi difficile, mais qui demandera autant de détermination et peut-être encore plus de persévérance.

Je sais avoir suscité des attentes chez plus d’un, en m’engageant à conclure cette série d’articles avec des suggestions sur ce qui me semblerait des solutions possibles au marasme dans lequel s’est enlisé notre pays. Ce que je propose, pour le moment, c’est tout d’abord une attitude qui pourrait rendre possibles beaucoup d’autres choses. C’est une attitude différente vis-à-vis du travail concret et de ceux qui le font, et une décision collective d’épauler tout ce qui le concerne par la valorisation du travail manuel à travers des initiatives convergentes dans le secteur public et privé. Ce serait déjà un bon commencement. La charrue ne devant pas, en l’occurrence, précéder les boeufs, les projets spécifiques d’irrigation, d’électrification, de santé, d’éducation et autres… devront se concevoir après que nous serons effectivement et fermement engagés dans la mise en œuvre de cet agenda national. Nos plans quinquennaux et nos feuilles de route devraient s’élaborer dans le cadre de cette nouvelle approche, une fois cette dernière adoptée et mise en pratique par un assez grand nombre d’Haïtiens, notamment ceux des couches traditionnellement privilégiées. On pourra, dans un deuxième temps, faire appel à des experts et techniciens désireux de souscrire à la philosophie égalitaire du changement recherché et acceptant de renoncer à toute suprématie de classe, ou d’appartenance sociale ou professionnelle.

Bien que l’effort de chacun soit aussi nécessaire que les briques posées une à une pour construire un édifice, il faudra qu’il s’inscrive dans une action d’envergure entreprise ou épaulée par des instances à grand rayonnement, et, dans le meilleur des cas, par le gouvernement lui-même. Cette mise en valeur du travail manuel devra être assortie d’incitations matérielles, financières, légales et morales nécessaires à rendre leur condition professionnelle attrayante à ceux qui fournissent l’effort du travail concret et souvent pénible, mais indispensable à notre progrès national en toute souveraineté.

Cuba, en s’assumant, a mis sur pied un système de santé qui fait envie au monde. Ce n’est pas par hasard qu’actuellement en Haïti, on rencontre autant de médecins cubains au chevet de nos nécessiteux. Renversant une tendance traditionnelle, ce sont maintenant des patients occidentaux qui vont se faire soigner à Cuba, alors que La Havane fut jadis traitée comme une poubelle par de riches Américains à la recherche de plaisirs faciles, parfois interdits à l’époque dans leur pays. Il y a de cela à peine un demi-siècle, le Vietnam prouvait à la France puis aux États-Unis que David peut encore vaincre Goliath. Nous aussi, pour devenir Haïtiens, avons dû innover en secouant un système injuste qui s’était abattu sur toute une race à travers le monde.

Repenser l’itinéraire avant de nous mettre en route

Il faudra faire mieux que continuer à clamer que l’union fait la force, mais donner comme boussole à notre volonté d’union un objectif d’unité nationale passant par la rencontre des classes dans le travail. Nous devrions commencer par renoncer systématiquement à perpétuer cette société à deux ou trois vitesses, où la plupart sont perdants et très peu sortent gagnants, ces derniers ne pouvant même pas dormir sur leurs deux oreilles ni circuler librement dans leur pays parce qu’ils se sentent en danger en raison même de leur statut privilégié.

Si le paysan haïtien a travaillé la terre dans des conditions archaïques et difficiles, il ne faut pas essayer d’y voir une preuve de son incapacité à progresser par lui-même. Après tout, le pays s’est, pendant plus de deux siècles, nourri à la mamelle de la paysannerie. Alors que le paysan produisait tout pour les citadins et pour l’exportation par les grands commerçants, il devait souvent se contenter d’une tige de canne à sucre pour sa journée de travail ; il devait parfois migrer pour entretenir les villas urbaines en bradant sa main d’ œuvre. Il devait, en moyenne, se contenter de gagner moins de deux dollars par jour, ce qui est encore malheureusement le cas. Il a longtemps supporté, pour une grande part, le fardeau des recettes de l’État pour payer les gros salaires des fonctionnaires et rembourser la “dette” de l’Indépendance à travers un système de taxation conçu pour le piéger (fiscalité régressive). À son tour, il n’a rien reçu des villes pour l’aider dans son travail. Comme outils de production, il ne disposait que d’instruments aratoires longtemps dépassés et de bêtes de somme mal nourries. La campagne produisait pour les villes, mais les villes ne produisaient pas pour la campagne, à part des bureaucraties, un appareil judiciaire et policier de répression et des perroquets de salon.

Le paysan a stagné dans le sous-développement qui lui a été imposé par l’obscurantisme de ceux qui lui ont refusé l’accès à la lumière de la liberté et aux moyens de s’instruire et de s’informer. Il n’est pas resté pauvre par manque de capacité ou d’intelligence. Il est resté pauvre parce que défavorisé dès le départ, n’ayant pas reçu ce qui lui revenait de droit après la guerre de l’Indépendance. Quelque temps plus tard, il héritait des terres les moins cultivables, à l’occasion d’une soi-disant réforme agraire décrétée par Pétion pour favoriser encore les riches, tout en jetant la poudre aux yeux de la paysannerie. Le paysan, comme on sait, devait être plus tard chassé de sa maigre parcelle pour faire de la place aux plantations consacrées aux besoins stratégiques ou économiques des pays étrangers ou des compagnies transnationales. Ce n’est pas trop de se demander si c’est bien au paysan haïtien que l’on pense en chantant, dans notre hymne national, « du sol soyons seuls maîtres ». On s’est appliqué à lui faire accepter son exploitation, en lui inculquant l’idée qu’il ne pouvait penser par lui-même et que, pour évoluer, il devait toujours faire la volonté du maître, comme l’esclave d’autrefois.

Construire et produire pour qui et pourquoi ?

L’idée d’un grand retour à l’agriculture semble poindre à l’horizon et, à l’occasion de l’élection présidentielle, le discours sur l’agriculture est souvent repris par les protagonistes de la classe politique. Certains chantiers semblent avoir été entamés et des cultures même déjà lancées dans le secteur privé et par des organisations non gouvernementales. La question sociologique qu’on pourrait désormais poser est de savoir qui fait travailler qui… pour produire quoi… à l’intention de qui… et à quelles fins. Rappelons, à titre d’illustration, l’un des aspects du duel électoral qui a débouché sur l’avènement du régime de Duvalier.

Après l’évincement de Fignolé et le ralentissement de la campagne Jumelle, le dernier face-à-face électoral de 1957 mettait en présence Duvalier et Déjoie. Celui-ci, diplômé en agronomie d’une école de Belgique, adopta comme slogan favori que la politique de la terre était « la seule, la vraie ». Les partisans de Duvalier contrèrent cet appel du camp rival avec un certain succès par une boutade pleine d’ironie : ils accusèrent Déjoie d’offrir aux gens pauvres la terre à travailler, alors qu’il s’apprêtait à leur ravir les fruits.

Déjoie était connu comme un aristocrate et grand propriétaire terrien, mais ses domaines servaient majoritairement à la culture de plantes aromatiques pour la production d’huiles essentielles destinées à la fabrication de parfum à l’étranger. En bon capitaliste qui se respecte, il privilégiait ses intérêts commerciaux, en fournissant des matières premières à l’étranger plutôt que d’orienter sa politique de la terre vers les besoins en alimentation du pays. On lui attribue même la responsabilité du déboisement de grandes surfaces dans le sud d’Haïti, au mépris des risques d’érosion, afin de s’approvisionner en bois de chauffage pour faire bouillir ses chaudières. Plutôt étonnant, de la part d’un agronome de formation aux visées présidentielles ! Il se complaisait surtout dans la politique, en ménageant occasionnellement des apparitions de gentleman-farmer au milieu de la paysannerie. Le sénateur Déjoie avait pendant quelque temps pactisé avec le général-président Paul Magloire, pour ensuite se retourner contre celui-ci en apprenant qu’il comptait lui préférer comme dauphin un de ses proches collaborateurs, Clément Jumelle. Dans la période qui se termina par le renversement de Magloire, un mot d’ordre de Déjoie suffisait à paralyser le commerce à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province.

Déjoie jouissait, notamment dans le Sud et dans certains milieux économiquement favorisés de la capitale, d’une popularité écrasante. Malgré son discours libéral, il se profilait toutefois dans son sillage, parmi ses partisans les plus fanatiques, une mouvance d’extrême droite à forte tendance élitiste et mulâtriste. Ils jugeaient les personnes à l’aune des vieux critères discriminatoires, mais toute discussion par d’autres sur la question de couleur était taboue en leur présence. Il fallait que les victimes des préjugés sociaux les endurent sans s’exprimer à leur sujet. Ils montraient souvent de la condescendance envers ceux qu’ils ne considéraient pas des leurs. Certains des militants déjoieistes allaient jusqu’à opposer l’image de l’élégant métis de grande taille aux cheveux en bataille à celle du petit médecin myope qui, en face de lui, faisait “sombre” figure et prônait le retour culturel à l’Afrique. Tout de suite après la proclamation des résultats électoraux, le bruit se répandit à travers le pays que l’armée avait ravi la présidence à Déjoie au bénéfice de Duvalier.

Duvalier savait bien que Déjoie était en mesure de lui donner du fil à retordre, comme il l’avait fait à Magloire. Afin de circonvenir cet éventuel obstacle, Duvalier arrivé au pouvoir offrit à Déjoie un poste dans son gouvernement. La manœuvre se révéla un faux pas. Déjoie repoussa la proposition avec panache, et le fit tout de suite savoir à ses partisans. Certains chroniqueurs duvaliéristes ne se privèrent pas alors de souligner le parallèle avec l’arrogant général André Rigaud, qui avait refusé d’obéir aux ordres de Toussaint Louverture. Ce fut l’intensification des rivalités entre les clans Duvalier et Déjoie, et ce dernier finit par quitter le pays sans renoncer à son combat. L’animosité s’aggrava encore suite au débarquement et à la prise des Casernes Dessalines par une équipe dirigée par des ex-officiers mulâtres qui, lors de la crise du 25 mai 1957, s’étaient rangés avec zèle dans le camp favorable à Déjoie. Peu de temps après l’échec de ce commando, Duvalier arma les macoutes qui s’étaient précipités au palais à son secours. Une expédition de barbus cubains débarqua quelques mois plus tard dans le Sud. On apprit que leur présence dans le pays avait fait suite à une démarche entreprise auprès des nouvelles autorités cubaines par un allié de la famille Déjoie. Duvalier, qui avait jusque-là agi comme un tireur de ficelles, déclara ouvertement à ses partisans sa décision de gouverner désormais en dictateur. Il vit dans la résistance à son régime la manifestation d’un esprit mulâtriste qui ne tolérerait jamais un pouvoir noir qui ne soit pas une doublure. Il reprit à son compte la devise de la fameuse Pasionaria, qui devint le mot d’ordre des duvaliéristes : « La réaction ne passera pas. » Pour le tonton macoute, assuré de l’impunité, car doté par son chef d’un droit à la violence non réglementée, toute opposition au régime prenait dès lors une dimension plus que politique. Sa colère éclatait à la moindre occasion contre ceux par qui, même au pouvoir, il se sentait toujours rejeté. C’était une affaire personnelle. On connaît la suite…

Il est plutôt évident, à la lumière de ces considérations, que chez nous, les alignements politiques n’ont pas jusqu’ici répondu à des idées ou à des plans d’avancement nationaux. Ce fut presque toujours une question de personne, d’argent, d’intérêts opportunistes ou d’esprit de caste. L’effet de ces courants divergents a toujours été non de nous unir, mais de nous diviser par des polarisations n’ayant rien à voir avec l’intérêt du pays. Cette attitude reproduit souvent, à l’échelle des groupes, l’image du comportement individuel simpliste, immature et assez répandu, où chacun, voulant se donner tout à fait raison, s’acharne à penser que l’autre a tout à fait tort. Recette qui va à l’encontre de l’esprit d’union et de tolérance réciproque, empêchant ainsi la cohésion sociale et la réussite collective.

Déjoie, l’alternative électorale à Duvalier, s’était donc présenté comme candidat du travail. Mais, on l’a vu, il s’agissait du travail socialement stratifié et hiérarchisé. Ses employés agricoles gardaient leur statut traditionnel et restaient Ti Joseph comme devant, citoyens de second ordre dans leur propre pays. Leur vote était assuré à qui les employait, garantissant ainsi une majorité déjoieiste parmi les électeurs de la région. Leur capacité de travail était axée sur l’exportation, comme celle des planteurs de café, de bananes et de sisal l’avait été traditionnellement à travers le pays.

Ensemble au travail pour la cohésion sociale

Quand on veut sauver quelqu’un qui se noie, il faut parfois se mettre à l’eau avec lui. Serait-ce trop demander aux fils et filles de la bourgeoisie, qui ont tant bénéficié de la paysannerie et du travail des ouvriers, d’aller chaque année rejoindre pour quelques semaines leurs compatriotes moins favorisés sur les chantiers et dans les plantations afin de les aider dans leur travail ? Ce type de collaboration et de fraternisation pourrait s’étendre à la participation permanente des membres d’une nouvelle armée nationale aux travaux d’intérêt général. Notre pays est à construire, et il doit l’être par nous, sinon bientôt il ne sera plus le nôtre.

L’implication des cadres actuels et futurs d’un pays dans les travaux manuels transmet aux masses le puissant message qu’il n’y a aucune honte ni aucun déterminisme à travailler avec ses mains. On a récemment vu, en Équateur, une campagne de reboisement mobiliser des dizaines de milliers de volontaires, étudiants et autres, dont le travail va permettre d’arrêter la déforestation dans leur pays. Au lendemain de la Révolution cubaine, le jeune ministre Che Guevara passait des journées dans les champs de canne à sucre et sur les chantiers de construction à faire le coup de machette, à pousser des brouettes et à conduire des tracteurs. Il y a fort à parier que si les élites de chez nous acceptent de s’engager, selon un calendrier national, dans l’exercice du travail concret dans différents domaines, notamment dans l’agriculture, les forces vives du pays seront heureuses de les accueillir dans les chantiers, surtout si on y met les moyens d’incitation adéquats pour tous les participants, en plus du sentiment d’embrasser une cause patriotique. Il incomberait au gouvernement d’organiser par relèves mensuelles, bimestrielles ou trimestrielles, des brigades patriotiques de travail pour le relèvement de l’agriculture nationale. L’État devrait se charger en grande partie des infrastructures de soutien à la production. Par-delà leur misère, la vie de travaux physiques et de privations menée par nos campagnards à travers les générations a dû opérer chez eux une sélection darwinienne où les plus forts ont survécu. Cette évolution n’aurait pas manqué de faire d’eux des hommes et des femmes exceptionnellement doués pour la grande tâche de (re)construction nationale qui nous attend.

Reconnaître le mérite des producteurs

Les travailleurs manuels, dans ce contexte, bénéficieraient d’un statut prioritaire, jusqu’ici réservé aux privilégiés et aux fonctionnaires surpayés des grandes villes. Il faudrait offrir aux agriculteurs des incitations financières, juridiques et morales, telles qu’une garantie de revenus payés par l’État en temps de faible production causée par des difficultés avérées, l’assurance maladie, des banques de crédit, des lois qui les protègent des expropriations arbitraires et de la concurrence déloyale des produits importés, la possibilité d’acquérir des titres de propriété non transférables après avoir fait fructifier les terres qui leur sont confiées pendant un certain nombre d’années, des tribunaux de proximité où faire valoir leurs droits et déposer leurs doléances, des  agents de facilitation et d’écoute chargés d’assurer la liaison entre les agriculteurs locaux et ceux d’autres régions ainsi qu’avec les instances gouvernementales, des cérémonies annuelles d’appréciation pour leur contribution à l’économie du pays… enfin tout ce qui pourra servir à valoriser le travail concret de construction à l’échelle nationale.

L’incitation matérielle ne suffit pas sans l’encouragement moral. Comme le soldat qui part en guerre pour une mission difficile et dangereuse, le travailleur a besoin de se sentir valorisé, en plus d’être suffisamment rémunéré pour la pénibilité et les risques inhérents à son métier. Il faudra donc trouver des moyens de l’intéresser à continuer son travail plutôt que de penser à échapper à son mode de vie. Les considérations ci-dessus devraient s’appliquer non seulement aux agriculteurs, mais à leurs homologues dans plusieurs domaines de la production nationale.

Plusieurs initiatives en cours dans notre pays devraient recevoir une attention spéciale et leurs promoteurs reconnus par l’État pour leur travail et leur leadership. Nous pouvons citer, entre autres, la fabrication en Haïti, par des Haïtiens, de logements et de bâtiments rustiques avec des matériaux recyclés à partir de divers objets usagés, la construction d’au moins deux prototypes de véhicules à moteur, la culture hydroponique faisant appel à l’utilisation de très peu d’eau et de surfaces agricoles, etc. Citons, au passage, qu’un paysan français a récemment retenu l’attention de la presse et des experts de son pays en faisant pousser de beaux fruits et légumes sur des terres arides, sans une goutte d’eau. Loin de nous enfermer dans des méthodes de production anciennes et dépassées, le travail concret et l’inventivité peuvent et doivent marcher main dans la main, quel que soit le milieu, à condition de s’y mettre avec la bonne attitude. Au niveau industriel, d’autres percées prometteuses se sont aussi signalées dans notre pays, notamment dans l’électronique.

En conclusion

Le moment est venu de conclure cette série d’articles. Tout au long de ces trois volets, j’ai essayé d’apporter un peu de lumière sur ce que je pense être au moins une partie des difficultés rencontrées dans notre évolution de peuple. J’ai observé et vécu, pendant environ trois quarts de siècle, des situations qui m’ont porté à croire que certains de nos maux peuvent et doivent être corrigés par et en nous-mêmes. Mon principal champ d’observation a été le parcours d’un régime dictatorial et ses antécédents politiques et sociaux, et mon souhait est que nous arrivions ensemble à produire l’effort nécessaire pour progresser et en même temps nous prémunir contre toute tyrannie. Si tant est que les écrits restent, j’espère qu’un jour viendra où j’aurai apporté ne serait-ce qu’une modeste contribution à la réflexion collective sur les problèmes d’Haïti. Ce jour sera celui où chacun de nous, quels que soient son nom, sa couleur, son niveau d’instruction et son appartenance professionnelle ou sociale, pourra penser et dire sincèrement, en citoyen à part entière et en toute égalité: « Ce pays est le mien, je l’aime et je suis prêt(e) à le servir quoi qu’il en coûte et à le défendre au prix de ma vie. Haïti est ma patrie. »

Teddy Thomas
Le 21 octobre 2015
teddythomas@msn.com

(Pour une copie des deux volets précédents, envoyer à l’auteur un e-mail à l’adresse indiquée ci-dessus.)

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