Le taxi-moto, une véritable question de sécurité publique

Taxi Moto

Depuis plusieurs années, le taxi-moto « made in China » prend une grande ampleur dans nos villes, dont celles de la région métropolitaine de Port-au-Prince, non seulement en tant que mode de transport, de mobilité rapide – surtout aux heures de pointe –, mais surtout en tant qu’activité économique ou survie pour des milliers d’Haïtiens.

Le taxi-moto permet à des milliers d’usagers de se déplacer d’un coin à un autre, notamment d’atteindre les zones les plus reculées du pays. Il supplante le transport traditionnel urbain. Il constitue une véritable débrouillardise, voire une véritable survie pour des milliers de jeunes dont la situation devient de plus en plus précaire, dont l’espoir d’un lendemain meilleur s’assombrit.

Ce phénomène, qui a commencé à proliférer dans les villes des Gonaïves, de Saint-Marc ou des Cayes, s’est accéléré depuis quelques années dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. La moto-taxi ou la moto individuelle constituent un véritable problème tant par leur prolifération non contrôlée que par leur utilisation dans des actes de banditisme, d’assassinat, de braquage… Elles constituent aussi un vrai problème de santé publique dans la mesure où elles sont à l’origine de nombreux accidents graves, souvent mortels. La prolifération de leurs innombrables stations dans les villes est parfois à l’origine des embouteillages et de nuisance sonore. D’où une véritable question de sécurité publique dont ces invités de Forum du samedi 28 juillet ont été invités de débattre : le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, Léon Ronsard Saint-Cyr, le maire de Port-au-Prince, Youri Chevry, le commissaire de police, Carl-Henri Boucher, Hary Antony et Jonas Dona de la Plateforme des associations de moto-taxi d’Haïti (Plamotah).

Cette édition de Forum a permis aux panélistes de lister les problèmes causés notamment par le taxi-moto du point de vue de sécurité publique. C’était aussi l’occasion d’annoncer de nouvelles règles que la PNH, de concert avec les municipalités et la Plamotah, projettent de mettre en place pour réguler la circulation des taxis-motos accusés souvent d’être à l’origine de nombreux actes de criminalité et d’accidents de la route.

Ces mesures de contrôle consistent au recensement des taxis-motos, le dénombrement de  leurs stations, l’identification des conducteurs. Celle-ci vise au port d’un gilet (chaque conducteur portera la couleur qui sera attribuée à sa commune où il dessert), sur lequel figurera un numéro. Une étiquette avec ce même numéro sera apposée sur le casque du conducteur qui doit porter une carte d’affiliation à la Plamotah. Un autocollant contenant un code d’identification sera apposé à l’arrière du siège de la moto.

Ces mesures visent à réduire considérablement les dangers que représente le taxi-moto et à freiner l’insécurité dont la plupart des actes perpétrés dans les espaces urbains sont attribués aux conducteurs de moto.

Cette réglementation, annoncée il y a bientôt un an, tarde encore à entrer en vigueur. La PNH avait, quelques semaines auparavant, annoncé de telles mesures. En dépit de tous les maux (criminalité, accidents, pollution sonore) dont sont accusés les taxis-motos, ils continuent de constituer une alternative de déplacement rapide pour des milliers de gens (surtout pour éviter les embouteillages monstrueux).

Caraibes Haiti

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