Les députés font l’école buissonnière.

Cholzer Chancy, President Chambre Basse Haiti

Cholzer Chancy, President Chambre Basse Haiti

La Chambre des députés peine à tenir séance. Pour cette semaine seulement, les députés du peuple ont établi un record en brillant par leur absence dans les 3 séances hebdomadaires prévues par le règlement intérieur de cette Chambre. Fatigué des appels nominaux à répétition dans une salle fantôme, le président de la Chambre basse Cholzer Chancy menace d’afficher les noms des absentéistes.

Sur les 117 députés que paye la République, seulement 58 ont répondu par l’affirmative à l’appel nominal des secrétaires sténographes ce jeudi 20 juillet 2017. Le scénario n’était pas différent la veille ni à l’avant-veille : ce sont les mêmes voix découragées des secrétaires sténographes qui citent les noms des députés qui ne se sont pas fait inscrire sur la liste de présence, comme à la recherche de nouvelles têtes pouvant porter le nombre de présences à 60, soit le strict minimum exigée par le règlement intérieur de la Chambre.

Dans cette salle où sévit la politique de la chaise vide, le quorum est si difficile à trouver. Tout « vieux de la vieille » d’un simple coup d’œil peut parier sur l’issue de l’appel nominal des secrétaires sténographes. Mais, comme un serpent avalant sa proie, elles ne peuvent que continuer à aller, aller plus loin, jusqu’au bout, malgré le constat d’un échec poignant, en faisant retentir leur voix dans la salle quasiment  fantôme où pavanent quelques députés. Les cent pas des députés, la raillerie qu’ils se font entre eux pendant l’appel, le sac que la plupart tiennent en main, comme des écoliers attendant la dernière sonnerie de la journée prouvent que l’échec est annoncée et ils le savent.

Comme un rituel dont on ne peut pas se passer, le président de la Chambre basse Cholzer Chancy demande des décomptes, et le nombre est toujours en dessous de 60 sur les 117 députés qui vivent aux frais de la République. Alors vient la sempiternelle formule : « le quorum n’étant pas constatée, je déclare ajournée la séance pour… .»

Les députés du peuple agissent ainsi alors qu’ils devraient travailler sur des textes d’envergure comme la proposition de loi sur le SNGRS déjà votée au Sénat entre autres.

Cela servira à quoi ? dirait-on. Mais c’est la plus grande sanction que les élus du peuple, dans leur rôle de juge et partie, se sont donnée dans les règlements intérieurs de la Chambre. Cette sanction perçue comme un coup d’épée dans l’eau fait rire parlementaires et tous ceux qui en sont imbus mais agace le président de la Chambre. « Malheureusement c’est tout ce qu’on peut faire contre eux dans pareils cas », dit-il.

Samuel Céliné, Le Nouvelliste, Haiti
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