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L’opposition politique haïtienne est-elle mise hors jeu ?

Lemoine Bonneau, Editorialiste. Le Nouvelliste

Les événements survenus les 6 et 7 juillet dans la zone métropolitaine, à la suite de l’augmentation des prix des produits pétroliers, continuent d’alimenter les débats dans les médias électroniques. Du porte-parole de la présidence Lucien Jura au secrétaire général du Conseil des ministres Rénald Lubérice, les interventions sans langue de bois de ces deux cadres ont cloué au pilori le gouvernement de Jack Guy Lafontant pour n’avoir pas analysé de façon approfondie les retombées d’une telle décision. Il s’agit pour ces deux personnalités d’orienter l’opinion publique vers la mauvaise gestion du dossier de l’augmentation des prix des produits pétroliers par le gouvernement Lafontant. En mettant l’accent et en attirant l’attention sur le gouvernement, ils veulent créer les conditions favorables à la démission du Premier ministre et de son gouvernement afin de mettre le président à l’abri des critiques. Si la stratégie du pouvoir va dans le sens voulu, Jack Guy Lafontant remettra sa démission vendredi, vingt-quatre heures avant la poursuite de la séance d’interpellation à la Chambre des députés.

L’opposition politique a compris la mise en scène concoctée par le pouvoir, mais n’a pu anticiper le cours de l’histoire pour parvenir à la table rase telle que souhaitée. L’appel à la grève générale du lundi 9 et du mardi 10 juillet n’a pas donné les résultats escomptés. Les activités ont été paralysées lundi en raison des violences survenues pendant le week-end. Les interventions de certaines figures de l’opposition dans les médias électroniques réclamant la démission du président Jovenel ne produiront aucun effet. Les manifestations de rue planifiées par l’opposition ne parviennent pas à attirer la foule nécessaire pour pousser le président Jovenel Moïse à quitter le pouvoir. La grève générale ne constitue plus une arme politique pouvant ébranler le pouvoir. En un mot, l’opposition ne dispose pas pour l’instant des moyens de sa politique. Depuis les problèmes de santé frappant l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles, l’opposition est en panne d’un leader pouvant contrebalancer le pouvoir de Jovenel Moïse. Ne disposant d’aucun chef de parti politique pouvant jouer ce rôle à la suite d’un mouvement unitaire, bénéficiant de l’appui de différentes forces politiques, l’opposition politique haïtienne organisée et structurée est encore en hibernation.

En dépit de la faiblesse de l’opposition, Jovenel Moïse devra faire attention. Après la démission du Premier ministre Jack Guy Lafontant , il va devoir choisir un nouveau Premier ministre. Ce choix sera déterminant dans la conduite des affaires du pays. S’il choisit un Premier ministre soumis, logé à la même enseigne que celui qui est en poste actuellement, il lui sera difficile de parvenir au terme de son mandat. Il doit nécessairement entrer en concertation avec les forces politiques en présence afin de ne pas répéter les erreurs du passé.

Par Lemoine Bonneau, Extrait du  Nouvelliste Haiti

http://www.lenouvelliste.com/public/index.php/article/190017/lopposition-politique-haitienne-est-elle-mise-hors-jeu

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