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Peut-on continuer à faire comme si de rien n’était ?

Peut-on continuer à faire comme si de rien n’était ?

Le Nouvelliste | Publi le :18 septembre 2013

Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com

Les nouvelles de ce début de semaine ne sont guère réjouissantes. Encore une fois, les querelles de chapelle prennent le dessus sur les débats constructifs pour sortir le pays du gouffre.

Comme à la fin de la semaine passée, le groupe armé de Petit-Goâve fait le chou gras de la presse. Le pays a ses nouvelles vedettes. Un groupe armé, sans motivation claire, prend la population d’une commune en otage.

A Montrouis, un jeune de 18 ans a été tué accidentellement le week-end écoulé par un policier. En réaction, des membres de la population ont incendié le sous-commissariat de la zone.

Aux Gonaïves, le décanat de l’Ecole de droit et des sciences économiques a renvoyé 7 étudiants pour avoir été à l’origine d’un mouvement de protestation qui paralyse les activités de l’institution. Mécontents, les étudiants en question, appuyés par des camarades, ont bloqué la route nationale # 1 ce mercredi.

Ces évènements malheureux qui se déroulent dans des coins différents sur le territoire national ont une cause commune : la faiblesse de l’Etat. Ils ne sont que les résultats de l’incompétence, de l’insouciance, de la mauvaise  gestion… de nos dirigeants. Que ceux qui ne sont pas sur cette liste lèvent le doigt !

En 1994, les dirigeants d’alors, avec la bénédiction de la communauté internationale, avaient démobilisé les Forces Armées d’Haïti au su et au vu de tous. Près de 20 ans plus tard, la Police nationale d’Haïti peine à asseoir son autorité sur le territoire national. Des individus profitent trop souvent du faible effectif et du manque d’équipements de l’institution policière pour semer le trouble, incendier des biens publics et détruire des vies.

Vilipendée par ceux qui sont payés pour la renforcer, la justice n’arrive pas, malheureusement, à punir les coupables. Avec une justice prise en otage par la politique et des forces de police sous-équipées, l’impunité a encore de beaux jours devant elle. Ce qui se passe actuellement à Petit-Goâve peut se reproduire n’importe où dans le pays. Des groupuscules peuvent bloquer une route nationale ou incendier un poste de police quand bon leur semble.

Les évènements de 2004 avaient montré toute la fragilité de nos institutions. La mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) a été déployée dans le pays comme une réponse à cet état de fait. Presque 10 ans après l’arrivée des soldats onusiens sur le sol national, y a-t-il de quoi se réjouir ?

Les victimes de viol des soldats de la Minustah comme les proches de ceux qui sont victimes du choléra diront certainement non. Ceux qui détiennent le pouvoir politique diront sans doute le contraire.

Dommage que les querelles de chapelle, les manoeuvres dilatoires pour ne pas organiser des élections crédibles…prennent le dessus sur les débats de fond pour sortir le pays de cette situation.

Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com http://www.lenouvelliste.com/article4.php?newsid=121493

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