Que nous réserve l’année 2017 ?

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A l’occasion d’un dîner offert, jeudi, par la Chambre de Commerce Haïtiano-Américaine en la résidence de l’ambassadeur américain, Peter F. Mulrean, en compagnie du président provisoire Jocelerme Privert, les trois personnalités qui ont pris la parole ont exprimé leur crainte par rapport à la conjoncture qui prévaut après la publication des résultats préliminaires des élections du 20 novembre dernier. Les contestations des partis, les manifestations violentes et la dégradation de la situation économique du pays ont retenu l’attention du président Privert, de l’ambassadeur Mulrean et du  président de la HamCham, Carl Auguste Boisson.

Au fur et à mesure que les partis politiques contestataires organisent les manifestations, davantage l’instabilité s’installe et les investisseurs étrangers  s’éloignent de notre pays. Il n’est un secret pour personne que la République dominicaine et la Jamaïque, deux voisins les plus proches d’Haïti, connaîssent un pourcentage significatif d’investissement étranger à chaque nouvelle année. La stabilité politique dans ces deux pays pendant les années précédentes  et la bonne performance de leur économie ont contribué à augmenter le niveau de vie des citoyens de ces deux pays au cours de l’année 2015. Les turbulences électorales en Haïti au cours de l’année 2015 ont des répercussions négatives sur le niveau de vie des Haïtiens. Notre pays devient de plus en plus vulnérable et les conditions de vie des citoyens deviennent de plus en plus précaires. L’année 2016 n’est pas trop différente de l’année dernière en termes d’investissement étranger. Les dégâts causés par l’ouragan Matthew en octobre dernier et les incertitudes qui planent sur les résultats des élections du 20 novembre 2016 sont susceptibles d’hypothéquer l’année 2017. C’est sans doute pourquoi différents secteurs tirent la sonnette d’alarme sur cette crise postélectorale en gestation.

Rien ne laisse prévoir comment les acteurs politiques haïtiens vont se comporter au cours de l’année 2017. De 2006 à 2015, les présidents René Préval et Michel Joseph Martelly ont bénéficié des fonds PetroCaribe pour répondre aux besoins d’investissement du pays. Le taux de change était maintenu autour de 40 gourdes pour un dollar pendant la durée du mandat de René Préval. A la fin du mandat de Michel Martelly, la gourde a perdu  40% de sa valeur.  Les prix des produits de première nécessité ne cessent de grimper. Le nombre d’Haïtiens en situation d’insécurité alimentaire augmente depuis l’arrivée du président provisoire. La nouvelle équipe qui doit prendre la destinée du pays le 7 février prochain devra se serrer la ceinture. La baisse du taux de change pour diminuer les prix des produits de première nécessité devrait constituer la première de toute une série d’initiatives que le nouveau pouvoir devra prendre.

La nouvelle équipe devrait également créer les conditions pour faire régner l’ordre et la tranquillité. Pendant ces trente dernières années, l’homme politique haïtien, qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition, est un générateur de crises. Dans certains cas, le pouvoir établi est beaucoup plus criseur que ses adversaires dans l’opposition.

Il est difficile de prévoir ce que l’année 2017 nous réserve.

Lemoine Bonneau, Editorial du Nouvelliste Haiti

lbonneau@lenouvelliste.com

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