Respecter le choix des électeurs est un immense défi.

Frantz Duval, Editorialiste

Frantz Duval, Editorialiste

Quand le CEP annonce le lundi 28 novembre que les résultats des élections allaient être publiés, tout le monde s’est dit qu’enfin, nous avons un Conseil électoral qui tient parole et qui devance même les délais.

À la fin de la soirée du 28 novembre 2016, la presse avait les résultats et l’évidence que trois des neuf conseillers avaient refusé d’endosser les résultats tels que présentés. La majorité requise de six des neuf membres fut atteinte de justesse.

La suite se déroule depuis deux jours au Centre de tabulation, après les étapes intermédiaires au BCED et au BCEN, on vérifie, un à un, 12% des procès-verbaux.

À cette phase, la conjoncture de décembre 2016 ressemble beaucoup à celle de décembre 2015, à la différence qu’il y a, cette fois, un président présumé élu dès le premier tour. Mais il demeure que nous avons encore une élection dont les résultats passent dans la passoire, dans le tamis, au crible de la vérification.

Les élections haïtiennes connaissent plusieurs étapes qui sont les unes aussi importantes que les autres. Il y a le choix des membres du Conseil électoral.

La préparation de la machine électorale. La mise en place d’un climat propice aux élections. Le jour du scrutin. Le dépouillement et le transfert des procès-verbaux au Centre de tabulation. La tabulation elle-même. La proclamation des résultats. La contestation des résultats. Le processus officiel du contentieux. Les manœuvres et pressions diverses. Et enfin, la proclamation des résultats définitifs. Chacune de ces étapes du processus électoral est cruciale. À n’importe quel moment, tout peut capoter dans un pays où la classe politique refuse de conjuguer le verbe perdre.

Dans les bureaux de vote, pendant le transport, au Centre de tabulation, pendant le conclave des membres du CEP avant la proclamation des résultats, bien des choses peuvent se passer. Par décision des membres du CEP qui doivent valider les élections ou par décision du BCED, tout ou partie de l’élection peut aller dans un sens ou dans un autre.

L’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (OCID) a raison d’appeler à tirer des leçons pour l’avenir dans son communiqué du 20 décembre. Il faut une refonte du système électoral haïtien qui laisse la part belle à trop de facteurs qui n’ont rien à voir avec le choix des électeurs.

Frantz Duval, Edito du Nouvelliste Haiti

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