Risques de séisme politique le 12 janvier 2015 ?

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Dans la perspective du 12 janvier 2015 – qui coïncidera avec le 5e anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010, ayant fait plus de 200 mille morts, et avec la date constitutionnellement arrêtée pour une nouvelle rentrée parlementaire en Haïti -, le Collectif 4 Décembre s’inquiète de la détérioration de la situation socio-politico économique du pays, susceptible d’influencer une relance effective de la production nationale, surtout agricole.

Un combat semble prendre forme entre les tenants du pouvoir Exécutif, des parlementaires, certains partis et regroupements divers, relève cette organisation de promotion et de défense de la production nationale.

« Les acteurs politiques semblent choisir de nous amener vers le chaos. Cette catastrophe, programmée et fomentée par les uns et les autres, ne facilitera pas la relance de la production nationale déjà comateuse, ni n’aidera, non plus, au relèvement social », écrit le Collectif 4 Décembre dans une note dont a pris connaissance AlterPresse.

Le peuple haïtien « a déjà assez souffert et est suffisamment meurtri pour ne pas vivre un autre séisme naturel et encore moins un cataclysme, causé délibérément par des acteurs politiques, à qui des citoyens ont confié un pouvoir », souligne l’organisation.

Ce manque de sens « de responsabilité, dont font montre les trois pouvoirs, ne fera, entre autres, qu’endiguer la production nationale », nécessaire au développement endogène de notre pays.

Plaidant pour la stabilité, le Collectif du 4 décembre prédit les obsèques du législatif et la continuation, par l’exécutif, de la parodie de démocratie qui sera, une nouvelle fois, la preuve et la démonstration que les acteurs politiques priment leurs intérêts personnels au détriment de ceux du pays.

Haïti fait face à des crises structurelles multidimensionnelles.

Il y a un aménagement du territoire inexistant, 2% de couverture forestière, une grande fragilité environnementale, un taux de chômage élevé, une démographie galopante, une migration urbaine alarmante, des frontières poreuses, des maladies infectieuses de source hydriques et vectorielles, un analphabétisme récalcitrant, une délinquance juvénile grandissante et une corruption viscérale, signale le Collectif 4 décembre.

Confronté à une crise politico-électorale, depuis 2011, le pays peine à trouver une issue.

Des dialogues infructueux vers des accords improductifs pour enchaîner avec des consultations, le président Michel Martelly semble avoir les pieds et mains liées devant la nécessité de faire des élections.

Le 12 janvier 2015 marquera la fin du mandat du 2e tiers du sénat et le départ de la chambre des députés.

Dans la pratique, il y aurait, à partir de janvier 2015, impossibilité de voter des lois et absence de contrôle du gouvernement en place.

Ce qui suscite, ces derniers jours, des débats sur la possibilité ou non que Michel Martelly gouverne par décret, alors que le parlement est dysfonctionnel.

Le contexte actuel est marqué par la montée du phénomène de l’insécurité, de l’insécurité alimentaire, la vie chère, la montée des prix de différents types de carburant (gazoline, gasoil et kérosène) dans les stations de vente de produits pétroliers (malgré une baisse notable de ces prix sur le marché international, ces derniers mois), la reprise des manifestations de l’opposition haïtienne.

Alter Presse. http://www.alterpresse.org/spip.php?article17191#.VEw4TBbSKAc

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