Sans état-major, l’armée n’avance pas, mais défilera le 18 novembre

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Pour le 214e anniversaire de la Bataille de Vertières le 18 novembre prochain, les autorités haïtiennes profiteront pour signer officiellement le grand retour des Forces armées d’Haïti. Cependant, seulement les 150 militaires formés pour la plupart en Equateur prendront part au défilé. S’agissant du recrutement de la première classe de soldats lancé en juillet dernier, un haut état-major sera nommé pour continuer le processus, a confié au Nouvelliste un haut cadre au ministère de la Défense.

Tout est calme dans la grande cour de la base militaire du ministère de la Défense à Gressier. Trop calme pour un lundi matin sur une base militaire. A l’entrée, deux hommes, dans la cinquantaine, en tenue ordinaire, assis sous un arbre à l’abri du soleil, accueillent les quelques rares visiteurs. Comme on le dit dans le jargon militaire, ils n’ont pas l’autorisation de répondre aux questions des civils, y compris des journalistes. « Monsieur, si voulez avoir des informations sur la base, il faut vous adresser à nos supérieurs », lâche celui qui détient le cahier d’enregistrement des visiteurs. Impossible de confirmer s’ils sont des anciens militaires des Forces armées comme c’est le cas de plusieurs médecins colonels qui prêtent actuellement leurs services au dispensaire de la base.

Après une vingtaine de minutes d’insistance du Nouvelliste, ils acceptent de dire que le capitaine Louicain Dieudonné, le responsable de la base, est depuis un certain temps au ministère de la Défense et que depuis le processus d’inscriptions il n’y a pas beaucoup d’activités. Il y a trois mois de cela, des milliers de jeunes se bousculaient pour se faire inscrire dans l’espoir d’intégrer la nouvelle force armée du pays.

« En attendant d’autres dispositions comme la nomination d’un haut état-major, nous n’avons pas progressé avec le processus après les inscriptions », a confié au Nouvelliste un cadre au ministère de la Défense joint par téléphone. « Nous préparons le 18 novembre. Environ 129 soldats et 18 officiers formés en Equateur vont défiler à l’occasion de la Bataille de Vertières », a indiqué cette source qui requiert l’anonymat. Ce qui marquera le retour des Forces armées.

Le ministre de la Défense joint par téléphone lundi soir a confirmé au journal qu’il espérait qu’avant le 18 novembre le haut état-major serait connu. Hervé Denis a souligné que ce n’est pas facile de former le haut état-major puisque la plupart des cadres de l’ancienne armée ont beaucoup vieilli. Le ministre a indiqué que cette structure de commandement leur permettrait d’avancer avec le processus de recrutement.

Le Premier ministre Jack Guy Lafontant, lors d’une conférence de presse la semaine dernière au ministère de la Communication, a réitéré l’engagement de son gouvernement à la remobilisation de l’armée. Le chef du gouvernement a promis qu’après le processus de recrutement, il restait d’autres étapes à franchir dans le sillage de la matérialisation de cette promesse de campagne du chef de l’État. « Je vous garantis que toutes les étapes seront franchies dans la transparence », assure-t-il.

Jack Guy Lafontant a fait remarquer que la remobilisation était une prérogative constitutionnelle. « La Constitution de 1987 est claire. Le pays compte deux forces de sécurité : Les Forces armées d’Haïti et la Police nationale. Il n’y a jamais eu de dissolution des Forces armées d’Haiti. Il y a eu une mesure administrative prise par un gouvernement consistant à les démobiliser. Nous pensons que c’est justice rendue à Haïti et à nos ancêtres que de remobiliser l’armée. L’armée d’Haïti a existé avant la nation haïtienne. L’union de nos ancêtres nous a permis d’hériter de ce pays », a-t-il dit.

Parmi les quelque 2 315 inscrits, plusieurs centaines qui ne répondent pas aux critères médicaux ont été écartés de la liste. Il reste maintenant les épreuves paracliniques qui consistent à faire des radiographies, des électrocardiogrammes, entre autres, pour les aspirants militaires. Il y aura ensuite des examens psychologiques, physiques et des séances d’interview qui permettront de sélectionner les 500 meilleurs postulants. Ces 500 constitueront la première classe de soldats de l’armée de l’ère Jovenel Moïse formés en Haïti.

Le Nouvelliste, Haiti

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