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Trump décide de retirer tous ses soldats de Syrie

Le tourbillon d’un voyage chaotique en Europe.

Les djihadistes de l’EI ayant été défaits, les forces américaines ont «commencé à être rapatriées», explique la Maison-Blanche.

À l’écoute de ses «instincts» et convaincu que les États-Unis n’ont rien à faire en Syrie, Donald Trump passe à l’acte. Depuis la campagne électorale, il promet d’en rapatrier les troupes américaines dès la défaite de l’État islamique (EI). Ce dernier serait désormais confiné sur une infime portion de son ancien territoire. Le président américain ne prête donc plus l’oreille aux généraux qui l’avaient convaincu au printemps dernier de ne pas déserter avant une victoire complète.

«Le Pentagone a reçu l’ordre de retirer les troupes de Syrie le plus rapidement possible», a déclaré mercredi une source officielle au Wall Street Journal. Selon le New York Times, le secrétaire à la Défense, James Mattis, et d’autres responsables militaires ont tenté de dissuader Trump de procéder à un retrait total, qu’ils jugent prématuré et contre-productif. Une telle décision reviendrait à abandonner les alliés kurdes des États-Unis, à la merci d’une nouvelle offensive de la Turquie évoquée ces derniers jours par le président Recep Tayyip Erdogan. Elle laisserait également le champ libre à la Russie et à l’Iran, alliés de Bachar el-Assad, en contradiction avec les efforts de Washington pour isoler Téhéran. Elle pourrait enfin favoriser une résurgence de l’EI, qui mène toujours des actions de guérilla avec quelque 2000 combattants le long de la frontière syro-irakienne.

Dans un communiqué publié mercredi par la porte-parole Sarah Sanders, la Maison-Blanche tente d’éviter ces écueils. Elle affirme avoir déjà «commencé à rapatrier les forces américaines» parce que «les États-Unis ont vaincu le califat territorial» de Daech. Mais elle indique que cela «ne signale pas la fin de la coalition ou de sa campagne», seulement «une transition vers la prochaine phase», laquelle n’est pas spécifiée. Washington «reste prêt à se réengager à tous les niveaux pour défendre les intérêts américains». Ainsi, les États-Unis s’en vont ; mais ils seraient prêts à revenir. Leur décision n’affecterait pas la campagne de raids aériens menés depuis le Qatar. Et ils maintiennent quelque 5200 soldats en Irak voisin.

Washington «reste prêt à se réengager à tous les niveaux pour défendre les intérêts américains»

La Maison-Blanche

Mais le président veut finir l’année en beauté. Après avoir remporté un rare succès bipartisan mardi soir au Congrès, avec l’adoption d’une réforme marquante de la justice criminelle, il a décidé de déclarer une victoire militaire sur les terroristes de l’EI et l’accomplissement d’une autre de ses promesses électorales. Cela devrait compenser son recul en rase campagne sur le financement du mur à la frontière mexicaine, abandonné dans la loi de finances temporaire, adoptée mercredi par le Congrès pour éviter un shutdown (la mise à l’arrêt d’une partie du gouvernement fédéral).

Plus mystérieuse est son analyse de la situation stratégique, alors que les 2000 soldats des forces spéciales américaines constituent le dernier rempart des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de milices arabes et kurdes ayant combattu en première ligne contre Daech. Les généraux américains craignent qu’une trahison des Kurdes de l’YPG (Unités de protection du peuple), assimilés par la Turquie aux «terroristes» du PKK, ne compromette leur faculté de s’appuyer sur des alliés locaux en Irak, au Yémen ou en Somalie.

Après une conversation téléphonique vendredi dernier avec Erdogan, Trump s’est inquiété devant ses collaborateurs des risques que ferait courir l’offensive turque aux troupes américaines. Erdogan, de son côté, a déclaré lundi avoir reçu des «assurances positives» de la Maison-Blanche sur sa prochaine offensive. Parallèlement, la Turquie a manifesté l’intention d’acheter pour 3,5 milliards de dollars de missiles antimissiles américains Patriot, en plus de son acquisition récente du système russe S-400, qui lui a valu les remontrances de l’Otan.

Le Figaro, France.   http://www.lefigaro.fr/international/2018/12/19/01003-20181219ARTFIG00247-trump-decide-de-retirer-tous-ses-soldats-de-syrie.php

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